FONTAINE DE LA HALLE-AUX-BLEDS.
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de trop près, par des maisons particulières, on ne peut le voir que par por-tions ; on ne juge point de son ensemble.
C'est pour ce monument qu’un notaire de Paris (M. Dubos) avait pre'parél’inscription suivante :
Messis ut ingreditur muros advecta quot annis,
Hîc reserat nutrix horrea vasta Ceres.
L’auteur lui-même a traduit ou plutôt imité ainsi son distique :
De ces voûtes Cérès, mère (le l’abondance,
Epanche ses trésors sur cette ville immense.
A l’époque de la construction de la Halle-aux-Bleds, on respecta la colonnede l’ancien hôtel de la Reine ; elle fut seulement engagée dans le mur d’unepartie du bâtiment circulaire de la Halle, et l’on en fit une fontaine publique.
On doit la conservation de ce monument aux soins généreux d’un simple par-ticulier , Louis Petit de Bachaumont , le même qui nous a laissé trente volumesd’anecdotes et de nouvelles. Au moment où l’on allait démolir cette colonneainsi que les restes de l’hôtel de Soissons, il en fit l’acquisition moyennant 800liv., et ne consentit à la céder qua la condition expresse quelle ne serait pointabattue. Toutefois croyons, pour l’honneur des amateurs de l’architecture, qued’autres particuliers auraient concouru avec le sieur de Bachaumont pour em-pêcher cette démolition. En effet, il parut à cette époque une gravure où sontreprésentés le plan, la coupe, l’élévation de la colonne, et où sont inscritsdes vers, assez mauvais à la vérité, mais qui prouvent que ce monument avaittrouvé plus d’un défenseur contre la cupidité des adjudicataires : nous nerapporterons ici que quelques traits de cette longue tirade.
L’auteur, après avoir rappelé combien une nation doit attacher d’importancea la conservation de ses monuments, et avoir imploré le zèle des magistratspour arrêter la démolition de celui-ci, propose de lui donner une destinationnouvelle.
La colonne qu’ApollodoreJadis éleva pour Trajan ,
De celle qui nous reste encoreNous dicte l’usage et le plan.
Rivale du culte héroïque,
Dont Rome honora les vertus,
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