98 FONTAINE DU GROS-CAILLOU,
et ramassées; le Mars manque de noblesse, et la pose en est tourmentée. Aureste, vu dans son ensemble, le monument produit de l’effet. L’eau que lafontaine verse avec assez d’abondance, vient de la pompe du Gros-Caillou.
Ce quartier est peu célèbre dans les anciennes Annales de Paris ; rien n’yrappelle de grands souvenirs : c’était, il y a un siècle à peine, un pré nomméle Pré aux Clercs; et la rue Saint-Dominique, qui y conduit, portait le nomde la rue aux Vaches, avant que les Dominicains établis dans ce faubourgobtinssent la permission de lui donner celui de leur patron. Le nom deGros-Caillou, que porte aujourd’hui le faubourg, lui vient, suivant Piganiolet quelques autres historiens, de l’enseigne qu’avait prise une maison dedébauche placée auprès d’un rocher. C’est au lieu où existait cette pierre etcette maison, qu’a été construite, dans le dernier siècle, l’église dite du Gros-Caillou, comme succursale de Saint-Sulpice.
Ce faubourg, comme on l’a vu, n’a été le théâtre d’aucun événement remar-quable dans l’histoire; mais il est voisin de lieux qui seront à jamais célèbres.Le Champ-de-Mars et la plaine de Grenade rappelleront à nos neveux des faitsdont aucun peuple du monde n’avait encore donné le spectacle : le Champ-de-Mars sur-tout doit laisser des souvenirs éternels : c’est-là que se sont décidésd’importans intérêts; c’est-là, pour ainsi dire, qu’est tombée notre antiquemonarchie. Sous quelque point de vue qu’on envisage les sentiments qui ani-maient alors les Français, les grandes scènes dont le Champ-de-Mars a été lethéâtre, ne pourront que frapper les esprits d’étonnement et d’admiration.