ioo FONTAINE CYLINDRE SAINT-ROCH.
seul gage que Baudoin II put donner aux Vénitiens, pour les sommes qu’ilslui avaient prêtées : gage qu’il n’aurait point retiré de leurs mains, sans lapiété de Saint-Louis, qui ne calcula point les sacrifices pour la lui faire resti-tuer, et qui l’obtint enfin de la reconnaissance de eet empereur.
Au dernier siècle, on voyait encore à la porte de l’église inférieure de laSainte-Chapelle, une figure de la Vierge, sculptée en pierre, et ayant le coupenché. Cette position, suivant quelques historiens, fut l’effet d’un miracle.Seot, célèbre chef des scholastiques, connus sous le nom de Scotistes, étantprêt à soutenir une thèse publique pour Ximmaculée conception, alla, dit-on,demander l’intercession de la Vierge devant cette image. Aussi-tôt la statue fitun mouvement de tête approbatif; et depuis ce temps la tête en est restéepenchée. Vodà pourtant ce que croyaient nos aïeux!...
FONTAINE DE LA RUE DES LIONS SAINT-PAUL.
Elle est d’une très-grande simplicité : c’est une table adossée à un mur,dont la forme est elliptique dans sa partie supérieure. Un mascaron versel’eau dans une cuvette qui est placée au niveau du sol.
La rue des Lions, et plusieurs autres qui y sont contiguës, ont été percéessur les ruines d’anciens hôtels dont elles ont emprunté leurs noms : ces hôtelsétaient eux-mêmes compris dans l’enceinte de l’hôtel Saint-Paul, que Charles V fit construire, et auquel on donna le nom de XHôtel solennel des GrandsEbattements. La principale entrée de ce vaste édifice était sur le quai desCélestins. C’est dans l’hôtel Saint-Paul que se sont passées les actions les plusremarquables de la vie de Charles V , Charles VI , et Charles VIL Le parlements’y est tenu plusieurs fois. Un des événements les plus extraordinaires denotre histoire eut lieu dans cet hôtel : le célèbre duc de Bourgogne , à la têtede ses bouchers, vint arracher entre les bras du dauphin (Charles VII ) et dela reine, plusieurs princes, et les principaux seigneurs et dames de la cour,dont une partie fut livrée à la fureur de ces séditieux. Aucune époque denotre histoire, sans en excepter même celle de la révolution, n’est plus fécondeen attentats de toute espèce; et ce fut la rivalité de deux familles qui fit couler