ïo4 fontaine du diable.
On ne trouve dans l’histoire aucun e've'nement remarquable que puisse rap-peler la rue de l'Echelle ; et tout ce qu’on pourrait dire sur les monuments quil’avoisinent, est connu de tous les lecteurs. Lorsqu’en décrivant les fontainesde Paris , nous croyons pouvoir parler d’événements étrangers à notre sujet,nous cherchons de préférence à retracer ceux qui, se trouvant loin de notretemps, sont peu connus, et qui peuvent caractériser les hommes et les mœursde l’ancienne France .
FONTAINE DES TOURNELLE S.
Ce n’est aujourd’hui qu’une borne placée au coin de la rue des Tournelles;sans doute elle fut plus considérable autrefois. Elle était au nombre de cellesdont la construction fut ordonnée en i 64 i et Santeuil avait donné, pour luiservir d’inscription, les vers suivants :
Qui tôt regijicis decoravit sumptibus urbem,
Prodigus, has etiàm dat Lodoicus aquas.
« Louis, qui a décoré la ville de tant de somptueux édifices, a voulu, toujours« prodigue de bienfaits, lui donner aussi les eaux de cette fontaine. »
La fontaine des Tournelles fut bientôt abandonnée, et elle n’a été rétabliequ’en 1719.
Elle a reçu son nom, ainsi que la rue où elle est située, de l’hôtel célèbredes Tournelles, qui appartenait dans le principe à Pierre d’Orgemont . Onappelait ainsi cet hôtel, parce qu’il était flanqué de petites tours. Il fit ensuitepartie du Domaine Royal; et, dans les premières années du quinzième siècle,il était qualifié : Domus regia Tomellarum. Lorsque les Anglais , profitant denos discordes civiles, se rendirent maîtres de la France , le duc de Betfort,régent du royaume, fixa sa demeure à l’hôtel des Tournelles. Charles VII et sessuccesseurs en préféraient le séjour à celui de l’hôtel Saint-Paul. Louis XII ymourut, ainsi que Henri II , qui, comme on le sait, y avait été blessé dansune joûte par le comte de Montgommery . L’événement qui causa la mort deHenri , détermina Catherine de Médicis à quitter ce palais. Charles IX enordonna même la démolition; mais cet ordre ne fut exécuté que sous les