FONTAINE DU TRAHOIR.
Planche XL VIII.
Le nom que porte cette fontaine lui vient de ce quelle était placée auprèsd’une croix qu’on appelait Trahoir, ou Traihoir, Triouer, Tyroer, et Terauer,etc., car on le trouve écrit de diverses manières. L’origine de ce nom a vaine-ment exercé la patience des historiens, qui ne se sont point encore accordéssur ce point très - peu important. La plus grande partie, cependant, pensentqu’il vient de Trahere, parce qu’on tirait du drap dans cet endroit. Quoiqu’ilen soit de la véritable étymologie de ce nom, François I er fit construire unefontaine sur une place qui se trouvait alors vers le milieu de la rue del’Arbre-Sec ; mais la voie publique se trouvant embarrassée par la fontaine etpar la croix qui l’avoisinait, on transporta, en i636, ces deux monumentsau coin des rues de l’Arbre-Sec et Saint-Honoré. La fontaine fut établie dansun pavillon, que le prévôt des marchands, Miron, avait fait élever pour servirde réservoir aux eaux d’Arcueil . Ce bâtiment fut reconstruit, en 1776, sur lesdessins de Soufflot, et c’est un des monuments de ce genre les plus remar-quables de la capitale. Il se compose d’un soubassement, d’un étage divisé endeux parties, d’une frise, et d’une corniche. Il est terminé par une balustrade.
Cette fontaine présente deux faces, qui different un peu par la forme et parles ornements. La façade du côté de la rue Saint-Honoré est la plus large. Lesangles sont en pan coupé. Chaque face est ornée de moulures, et de deuxpilastres en bossages couverts de stalactites factices ou congélations. Surcelle qui regarde la rue Saint-Honoré, est représentée une nymphe qui verseses eaux dans une cuvette. Cette figure est bien exécutée. Elle est de M.Boizot , ainsi que les autres parties de sculpture.
Du côté de la rue de l’Arbre-Sec, le bâtiment n’a qu’une seule croisée deface. On y a placé une table destinée à recevoir une inscription. L’eau couleau-dessous par un robinet placé à la base.