ï4a FONTAINE DE LA PLACE DES VOSGES,
fontaine, ou plutôt un bassin. Située entre plusieurs fontaines publiques, etnon loin de la rivière, cette place pouvait bien se passer , pour la commoditéde ses habitants, d’un monument de ce genre. Aussi, dans la disposition decelui-ci, ne paraît-on pas s’être occupé de rendre faciles aux citoyens les moyensd’y puiser de l’eau. Il semble qu’on a eu le projet- d’en faire moins un objetd’utilité publique qu’un objet de décoration et d’embellissement. En effet, sirien n’est moins commode pour une fontaine publique, qu’un bassin assezvaste, dont les jets ne retombent pas près des bords, il était difficile d’imaginerrien de plus convenable pour l’ornement d’un jardin carré partagé par unecroix en quatre compartiments, qu’un bassin octogone placé au centre. Ajou-tons que M. Girard, ingénieur qui a dirigé ces travaux, a su donner à sonbassin le seul embellissement dont il était susceptible, c’est-à-dire un assezgrand volume d’eau, qui jaillit en gerbe. Au reste, cette fontaine, en procurantplus de fraîcheur à la promenade et servant de décoration, ne laisse pas deprésenter une sorte d’utilité. En cas d’incendie, elle pourrait fournir de l’ali-ment à plusieurs pompes.
Le terrain dans lequel le bassin est creusé, supportait autrefois le piédestalde la statue équestre de Louis XIII , monument dont la perte est à regretterpour l’histoire des arts. Ce n’est pas que le cheval, tant vanté par les contem-porains , ne fût bien au-dessous de sa réputation ; les proportions en étaientlourdes et courtes, l’encolure gênée ; la tête manquait de style : mais, enfin,c’était le seul morceau capital de sculpture qu’on eût en France de Daniel deVolterre; c’était plus encore, c’était le dernier ouvrage de cet habile artiste.