290 TRAITÉ DF.S GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
même temps les troupes de la garnison deSchweidnitz, dont une partie s’était formée enbataille sur les glacis. Le grand tapage de la bat-terie 11 eut, s'il faut en croire les historiens alle-mands, d’autre résultat que de faire retirer endésordre la cavalerie d’Okelli (1).
Les troupes de la garnison de Schweidnitzétant rentrées, le brigadier Mollendorf trouvaun moyen d’attaquer le prince de Ligne, re-tranché derrière un abattis, et couvert par laredoute à gauche du ravin de Weistritz. LesPrussiens traînèrent l’artillerie à force de braspar un sentier dit le Schaafsritt, et canonnèrentvivement, tandis que les bataillons des gardes,gravissant les hauteurs les plus escarpées, et tra-versant des bois touffus, arrivèrent enfin devantl’abattis qu’ils essayèrent de franchir : dans cetinstant, le maréchal Daun, voyant le prince deLigne compromis, lui ordonna de se retirer; les
(1) Je ne sais pourquoi cette cavalerie aurait été condamnées re-cevoir des obus, sur un terrain où elle devenait inutile. J’ai souventvu, dans les campagnes de i8o5 et 1806, qu’on faisait jouer mal àpropos ce triste rôle à la cavalerie française. La placer en ligne, sou*un grand feu d’artillerie , dans un moment ou sur un terrain où ellene peut manoeuvrer, est une faute contre tout principe de guerre*Cela n’est permis que dans une grande bataille, où il faut en im-poser par une ligne quelconque pour masquer ou protéger une nvi'nornvre décisive.