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Tome premier.
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12 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.

pas dans la rue qu’ils ne m’escortassent en fre-donnant: Napoleone di mezza calzetta fa Vamoreà Giacominetta. Je ne pouvais supporter d’être lejouet de cette cohue. Bâtons, cailloux, je saisissaistout ce qui se présentait sous ma main, et m’élan-cais en aveugle au milieu de la mêlée. Heureuse-ment qu’il se trouvait toujours quelqu’un pourmettre le hola et me tirer d’affaire; mais le nom-bre ne m’arrêtait pas, je ne comptais jamais *. »

En revenant sur les derniers mois qui avaientprécédé sa naissance, Napoléon admirait le cou-rage , la force d’ame de sa mère. « Les pertes, lesprivations, elle supportait tout, bravait tout; c’é-tait une tête d’homme sur un corps de femme. Iln’en était pas ainsi de l’archidiacre; il regrettait seschèvres 2 , les Génois, tout ce qu’il n’avait plus.C’était du reste le meilleur des hommes. Bon, gé-néreux , éclairé, il nous servit plus tard dé père, etrétablit les affaires de la maison. Sain de tête, maisobligé de garder le lit, il ne laissait échapper au-cun abus. Il connaissait la force, le nombre despièces de bétail, faisait abattre l’une, vendre, con-server l’autre; chaque berger avait son lot, ses ins-tructions. Les moulins, la cave, les vignobles

* Aniomarchîp tome I, page 27$.

a Bonaparte déclamait contre les clièvres nombreuses dans l’île,et qui y causent de grands dégâts. Il voulait qu’on les extirpât en-tièrement. Il avait à ce sujet des prises terribles avec le vieil archi-diacre, son onc!«e, qui en possédait de grands troupeaux, et lesdéfendait en patriarche. Dans sa fureur, il reprochait à son neveud’étre un novateur , et accusait les idées philosophiques du péril de seschèvres. Las Cases 9 tome III, page 409*