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[Tome V.]
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GUERRE D’ÉGYPTE.-CHAr. IX, 69

Paraître mahométan, c’est tout ce que fit Bo-naparte, c’était ce qu’une haute sagesse et unehabile politique commandaient. On se conciliaitainsi les imans, les muphtis, les ulémas, et lepeuple à l’exemple des ministres de sa religion.Si l’armée n’avait pas paru disposée à embrasserl’islamisme, si elle avait arboré la croix et pro-fessé le christianisme ,25 a 3o,000 Français ne seseraient pas maintenus en Egypte. On aurait vu,comme au temps des croisades , se renouveler lesfureurs du fanatisme et la guerre d’extermination.

Du reste , le changement de religion , inexcu-sable peut-être pour des intérêts privés, fut detout temps justifié par la politique. Paris vautbien une messe, dit fort sensément Henri iv ; ettel catholique du même pays que le Béarnais n’hé-sita point à se faire luthéi'ien pour régner sur lesScandinaves.

« Croit-on, dit Napoléon, que l’empire d’O-rient et peut-être la sujétion de toute l’Asien’auraient pas valu des pantalons et un turban ?Je prenais l'Europe à revers; la vieille civilisationétait cernée : qui eût alors songé à inquiéter lecours des destinées de la France et de la régéné-ration du siècle ? qui eût pu y parvenir ? qui eûtosé l’entreprendre *? »

Menou seul se fit mahométan, prit le nom d’Ab-dallah, et épousa une Egyptienne. Cette étrangerésolution lui attira dans le temps du ridicule,parce qu’elle était isolée, et dans la suite beaucoup

Las Cases, tome ni, page iio.