110 HISTOIRE DE NAPODÉON BONAPARTE.
La vallée du Fleuve-sans-Eau est à l’ouest decelle des lacs Natron ; elles ne sont séparées quepar une crête , et son bassin a près de trois lieuesde développement d’un bord à l’autre. Aride etstérile comme tout ce qui l’entoure, cette valléen’a point de sources. La commission la traversadans toute sa largeur; elle y trouva beaucoup debois pétrifié, d’immenses troncs d’arbres agati-sés, une vertèbre de gros poisson qui paraissaitminéralisée , du quartz roulé , du silex et beau-coup de matières appartenant aux montagnes pri-mitives de la Haute-Égypte. On en concluait quele Nil, ou une partie de ses eaux, avait dû coulerdans les déserts de la Libye, par les vallées deslacs Natron et du Fleuve-sans-Eau.
L’opinion générale étant qu’en remontant leBahr-Belâ-mâ on arrivait dans le Fayoum, lacommission conjectura que leur point d’attachedevait être à l’endroit où se trouvait indiqué lelac Mœris, dont le trop-plein était sans douteautrefois réparti sur la vallée du Fleuve-sans-Eau,et se déchargeait ensuite dans le golfe des Arabes.Les circonstances ne lui permirent pas de faire lareconnaissance du point de jonction de ces deuxvallées qu’elle regardait comme la clef de la géo-graphie physique de l’Égypte, et qui est bienexprimé sur la carte de Banville. Mais vingt moisplus tard, l’ingénieur Martin , en parcourant lapartie septentrionale du Fayoum, reconnut quel’ouverture n’existait pas , et que cette provinceétait sépai’ée de la vallée du Fleuve-sans-Eau parune chaîne de montagnes. Si sa reconnaissance a