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[Tome V.]
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GUERRE d’ÉGYPTE. CHA.P. X. Il5

lieux avaient été habités par des chrétiens soli-taires.

A une lieue de Philœ, au milieu du désert ,dans une petite vallée entourée de roches décré-pites et de sables produits par leur décomposi-tion , s’élevait un ancien couvent de cénobites. Iln’était plus habité. De hautes murailles créne-lées , des chemins couverts et des meurtrières ,annonçaient que les moines s’y étaient fortifiés,ou que cet édifice, enlevé à sa destination, avaitservi de forteresse. Les constructions qui remon-taient aux premiers temps de la chrétienté avaientde la grandeur et de la solidité. Ce que la guerrey avait ajouté , paraissait fait à la hâte et étaitmoins bien conservé. Dans de longs corridors,des cellules ressemblaient à des cases de ména-gerie ; un carré de sept pieds n’était éclairé quepar une lucarne ; un enfoncement dans la mu-raille servait d’armoire ; un tour, placé à côtéde la porte , annonçait que c’était par là que lessolitaires recevaient leur manger. Quelques sen-tences tronquées étaient inscrites sur les murs.

Plus loin, à deux journées de marche, au borddu désert, on trouvait deux établissemens cophtes :l’un, appelé le couvent Blanc, à cause de la cou-leur des pierres dont il était bâti ; l’autre, nomméle couvent Rouge, parce qu’il était construit enbriques, et dont on attribuait l’érection à Sainte-Hélène. Des vestiges anciens annonçaient qu’ilsavaient été plusieurs fois incendiés. Au couventRouge , probablement à la suite d’un incendie ,les moines s’étaient logés dans la galerie latérale

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