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[Tome V.]
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GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. X. 1 35

dépenses et plusieurs années. Les ingénieurs mili-taires et des ponts et chaussées firent des recon-naissances très-précieuses; mais ce travail ne futpoint exécuté.

Le nouveau genre de guerre que faisait Bona-parte lui suggéra quelques innovations utiles pourl’attaque et la défense.

Grâce à la vitesse de leurs chevaux, à l’habiletéavec laquelle ils savaient les manier, à leur habi-tude de la vie du désert, les Arabes échappaientle plus souvent à la cavalerie française qui se rui-nait à leur poursuite. Le général en chef, à sonretour d’Asie à Suez, avait rencontré des Arabesmontés sur des dromadaires et escortant une ca-ravane. Les voyant conduire ces animaux avecadresse, il avait ordonné à Eugène Beauharnais et àÉdouard Colbert, aujourd’hui lieutenant-général,d’essayer de monter et de conduire des droma-daires. Ces officiers ayant exécuté avec facilité lesordres du général en chef, qui les suivait au galopsans pouvoir les atteindre , Bonaparte annonçaqu’avant un mois il aurait un régiment de droma-daires pour faire la police de l’Égypte. En arri-vant à Suez, il en parla à Reynier et prit un ar-rêté pour la formation de ce corps. Dans le mêmetemps, le général Desaix faisait la même chosedans la Haute-Égypte pour se mettre à la pour-suite de Mourad-Bey. Le dromadaire, très-leste àla course, pouvait au trot suivre un cheval au petitgalop , porter en même temps deux hommes ados-sés , les vivres, les munitions, supporter facile-ment la fatigue, la faim et la soif. Il était donc