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[Tome V.]
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GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. XI. 235

ne pouvaient plus défendre leurs murailles par lecanon , les Turcs se bornèrent à occuper lesboyaux dont ils avaient couronné leürs glacis.Protégés par leur mousqueterie, ils rendaientdifficile l’abord delà place, et semblaient ne plusredouter l’assaut. Vingt-cinq grenadiers eurentordre de les déloger ; ils parvinrent à couronnerla brèche ; mais , à l’instant même , les Turcs ,sortant avec impétuosité de leurs boyaux, repous-sèrent les assaillans et descendirent en grandnombre des murailles. On combattit pendanttoute la soirée pour les faire rentrer dans la place;Deux compagnies de grenadiers les chargèrentavec la plus grande audace, parvinrent à les cou-per de la ville, et tout ce qui échappa à leurscoups fut précipité dans la mer. L’ennemi perditenviron 5oo hommes ; les Français eurent unequinzaine de tués et 3o blessés.

Quoique la tour carrée fût presqu’entièrementrasée, Bonaparte, après avoir été témoin des ef-forts inouïs de ses soldats pour s’en emparer,sentit qu’il lui serait plus facile de pénétrer dansla place par un autre point. On abandonna cettefatale tour, tombeau de tant de braves , et ondressa les pièces de 24 en batterie pour ouvrirune nouvelle brèche , afin de donner un assaut gé-néral et en masse, dès qu’elle serait praticable.

Prévoyant que les rives du Jourdain pourraientêtre le théâtre de nouveaux combats, le généralen chef envoya, le i3 floréal, les ingénieurs-géo-graphes, Jacotin et Faviers, au camp du générai