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[Tome V.]
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GUERRE D’ÉGYPTE. - CHAP. XI. 237

Le médecin en chef Desgenettes, par un de cesélans généreux qui caractérisent une ame douéed’un profond amour de l’humanité, eut le cou-rage de s’inoculer publiquement la peste , pourrassurer les imaginations et guérir le moral del’armée. A l’hôpital, il trempa une lancette dansle pus d’un bubon appartenant à un convalescentde la maladie au premier degré, et se fit une lé-gère piqûre dans l’aine et au voisinage de l’ais-selle , sans prendre d’autre précaution que cellede se laver avec de l’eau et du savon qui lui furentofferts. Il eut pendant plus de trois semaines deuxpetits points d’inflammation correspondans auxpiqûres, et ils étaient encore très-sensibles, lors-que , pendant la retraite, il se baigna en pré-sence d’une partie de l’armée dans la baie de Cé-sarée. I

Néanmoins Desgenettes pensait que cette expé-rience était incomplète, et qu’elle prouverait peude chose pour l’art. Elle n’infirmait point la trans-mission de la contagion, démontrée par milleexemples. Seulement, elle faisait voir que lesconditions nécessaires pour qu’elle eût lieu n’é-taient pas bien déterminées, Il courut plus dedangers , avec un but moins grand, lorsque , in-vité par le quartier-maître de la 75°. demi-bri-gade, une heure avant sa mort, à boire dans sonverre une portion de son breuvage, il n’avait pointhésité à lui donner cet encouragement. Ce fait, quieut lieu devant un grand nombre de témoins, fitnotamment reculer d’horreur le citoyen Durand,