GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. XI. 253
sulmans blessés et les parens des morts murmu-rèrent, et firent de vifs reproches à l’ange El-Mohdy qui les avait assurés qu’ils seraient à l’abrides balles. Il apaisa leurs murmures en disantqu’aucun de ceux qui avaient marché en avantavec confiance n’avait péri; mais que ceux quiavaient reculé parce que la foi n’était pas entièredans leur cœur , avaient été punis par le pro-phète. Get événement, qui devait ouvrir les yeuxsur son imposture, consolida son pouvoir; il ré-gna alors à Damanhour. Il était à craindre quel’esprit de révolte ne gagnât les provinces envi-ronnantes et qu’elles ne se soulevassent ; maisune proclamation des cheyks du Kaire arriva àtemps et empêcha une insurrection générale. Legénéral Lanusse, après avoir battu l’émir-haggidans le Charqyeh, traversa le Delta avec sa co-lonne mobile et entra dans le Bahyreh. Il rencon-tra l’ange El-Mohdy le 19 floréal (8 mai), le com-battit, passa au fil de l’épée . i, 5 oo hommes , aunombre desquels se trouva l’ange El-Mohdy lui-même. Lanusse entra ensuite à Damanhour, et,pour punir les habitans de leur révolte, il brûlala ville , après l’avoir livrée au pillage \
Pendant ce temps-là, les Anglais étant entrésavec plusieurs vaisseaux dans la Mer-Rouge, fai-saient une tentative contre Suez. La canonnades’engagea; mais ayant reconnu que la ville était
1 Lettre de Bonaparte au Directoire, du 2 messidor .—Mémoiresde Napoléon, Gourgaud, tome il, page 3i8.