GUERRE D’ÊGYPTE. - CHAP.. XI. 255
du vis de Bonaparte : c’était le titre qu’ils luidonnaient. Leur confiance en lui était si grandequ’ils soumettaient leurs différens à sa décision ;les soldats et les autres Français établis au Kaire,se mêlaient aux habitans dans leurs fêtes. Exceptéles provinces de Beny-Soueyf, Charqyeh et Bahy-reh, le reste de l’Égypte , influencé par les cheykset les ulémas , demeura soumis et fidèle, et offritl’aspect d’une province française. Sidney Smithvit échouer toutes les tentatives qu’il avait faitespour soulever la population de cette contrée. Ou-bliant ce qu’il devait au caractère des officiersfrançais, il fit imprimer un grand nombre de cir-culaires et de libelles diffamatoires qu’il envoyaaux généraux commandant en Égypte, leur assu-rant le passage s’ils voulaient se rendre en Francependant que le général en chef était en Syrie.L’armée resta inébranlablement attachée à sondrapeau ; Dugua repoussa avec indignation les in-sinuations de ce commodore et défendit à tous lesgénéraux qui étaient sous ses ordres de commu-niquer avec lui.
On a vu que depuis son arrivée en Égypte,Bonaparte n’avait cessé d’entretenir des relationspacifiques avec le sultan de la Mekke , d’offrir etd’accorder protection à son commerce. Pendant lacampagne de Syrie , Poussielgue avait continuéces relations. Ce prince était intéressé à lesmaintenir. Il voulait vendre son café, et avoir desgrains que l’Égypte seule pouvait lui fournir. Enassurant Poussielgue de son amitié, le sultan Ga-lib lui écrivait : « Tu sauras que depuis quelques