2G8 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
se ranger en bataille Toute la garnison était horsdes murs et présentait une ligne formidable ; ellecombattit avec un acharnement et une fureurqu’elle n’avait point encore déployés. Elle persis-tait toujours à marcher sur les batteries , et péné-tra dans le boyau qui couronnait le glacis de latour de brèche ; mais le général de brigade La-grange , qui commandait la tranchée, attaqua lesTurcs avec deux compagnies de grenadiers , re-prit le boyau, et, malgré la résistance la plusopiniâtre , les poursuivit jusque dans les placesd’armes extérieures, et de là les rejeta derrièreles murs. Le champ de bataille resta jonché descadavres de l’ennemi : il n’avait pas encore faitune perte aussi énorme. Ce fut le dernier combatoù les Français signalèrent leur courage contreles Musulmans , sur le sol de la Syrie.
Les postes avancés étant rentrés au camp dansla journée du i prairial ( 20 mai) , toute l’arméese trouva réunie , et, à neuf heures du soir, Bo-naparte leva le siège de Saint-Jean-d’Acre. Ladivision Lannes se mit en marche sur la route deTentoura , suivie des équipages de l’armée et dela division Bon, qui , depuis la mort de son géné-ral , était commandée par Rampon. La divisionKléber prit position en arrière du dépôt de latranchée , et la cavalerie se plaça devant le pontde Rerdanneh, à i 5 oo toises de la place. La di-vision Reynier quitta la dernière la tranchée, sereplia dans le plus grand silence , portant à brasl’artillerie de campagne, et suivit la marche del’année. Lorsqu’elle eut passé le pont, la division