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[Tome V.]
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200 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.

déçu ses espérances \ De retour au Kaire, il neput retenir son humeur, et ce fut le texte d’unelettre énergique qu’il écrivit au Directoire.

« La République n’aura jamais de marine tantque l’on ne refera pas toutes les lois maritimes ,lui écrivit-il. Un hamac mal placé, une gargoussenégligée, perdent toute une escadre. Il faut pros-crire les jurys, les conseils, les assemblées, àbord d’un vaisseau ; il ne doit y avoir qu’une au-torité , celle du capitaine, qui doit être plus ab-solue que celle des consuls dans les armées ro-maines.

Si nous n’avons pas eu un succès sur mer, cen’est ni faute d’hommes capables, ni de matériel,ni d’argent, mais faute de bonnes lois. Si l’oncontinue à laisser subsister la même organisationmaritime, mieux vaut-il fermer nos ports ; c’esty jeter notre argent 2 . »

Lorsque la nouvelle de la retraite de l’arméefrançaise se répandit en Syrie, la consternationy fut générale. Les Druses , les Mutualis , les par-tisans du cheyk Daher et tous les chrétiens dela Palestine n’obtinrent la paix de Djezzar quepar de grands sacrifices d’argent. Il fut moinscruel que par le passé. Presque toute sa maisonmilitaire avait péri à Saint-Jean-d’Acre et ce vieil-lard survivait à tous ceux qu’il avait élevés. Lapeste qui faisait de grands ravages dans cette villeaugmentait encore ses malheurs et portait un

1 Lettre de Bonaparte à Desaix, du camp d’Acre, 3o germinal.3 Lettre du 1 er . thermidor.

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