296 HISTOIRE DE NAPQLÉON BONAPARTE.
eût levé des tributs dans les principales villes deces contrées, et tous les chrétiens de l’Asie se se-raient rangés sous sa bannière. Que pouvait alorsl’Angleterre avec ses vaisseaux? Tels furent , dumoins , les brillans rêves auxquels s’abandonna lechef de l’armée d’Orient, telles furent les hardiesconceptions auxquelles osa s’élever son génie. Na-poléon lui-même a révélé ces projets dans unenote où il expose les motifs de l’expédition deSyrie.
« Les Mamlouks de Mourad et d’Ibrahim-Bey,dit-il, les Arabes du désert de l’Égypte, les Dru-ses, les Mutualis, les chrétiens et tout le parti ducheyk Daher en Syrie pouvaient se réunir à l’ar-mée maîtresse de cette contrée , et la commotionpouvait se communiquer à toute l’Arabie. Les pro-vinces de l’empire ottoman qui parlent arabe ap-pelaient de tous leurs voeux un grand changementet attendaient un homme. Avec des chances heu-reuses on pouvait se trouver sur l’Euphrate aumilieu de l’été, avec 100,000 auxiliaires, qui au-raient eu pour réserve 25,000 vétérans françaisdes meilleures troupes du monde et des équipagesd’artillerie nombreux. Constantinople alors setrouvait menacée, et, si l’on parvenait à rétablirdes relations amicales avec la Porte, on pouvaittraverser le désert et marcher sur l’Indus à la finde l’automne »
* Mémoires de Napoléeon, Gourgaud, tome n , page 3ôi.