GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. XIII. 341
du qady lorsqu’il est venu me trouver ; aussi monintention est-elle de ne lui faire aucun mal; et sije l’ai fait conduire a la citadelle, où il est traitéavec autant d’égards qu’il le serait chez lui, c’estque j’ai pensé devoir le faire par mesure de sû-reté ; mais dès que le nouveau qady sera publi-quement revêtu et exercera ses fonctions, monintention est de rendre la liberté au fils du qady ,de lui restituer ses biens, et de le faire conduireavec sa famille dans le pays qu’il désirera. Jeprends ce jeune homme sous ma spéciale protec-tion ; aussi bien je suis persuadé que son pèremême , dont je connaissais les vertus , n’a étéqu’égaré.
C’est à vous à éclairer les bien intentionnés;faites ressouvenir enfin les peuples de l’Égyptequ’il est temps que le règne des osmanlis finisse ;leur gouvernement est plus dur cent fois que celuides Mamlouks ; et y a-t-il quelqu’un qui puissepenser qu’un cheyk, natif d’Égypte, n’ait pas letalent et la probité nécessaires pour remplir laplace importante de qady ?
Quant aux malintentionnés et à ceux qui se-raient rebelles à ma volonté, faites-les moi con-naître. Dieu m’a donné la force pour les punir ;ils doivent savoir que mon bras n’est pas faible.
Le divan et le peuple d’Égypte doivent doncvoir dans cette conduite, une preuve toute parti-lière de ces sentimens que je nourris dans moncœur pour leur bonheur et leur prospérité; et sile Nil est le premier des fleuves de l’Orient, le