GUERRE »’ÉGYPTE. - CHAP. XIV. 4 11
victoire d’Abouqyr n’était pas venue rassurer lesamis des Français, réduire au silence et frapper,de terreur leurs ennemis.
Que Bonaparte parût croire et écrivît que lapopulation de l’Égypte était soumise et fidèle,c’était d’une bonne et sage politique. Mais lesfaits prouvaient qu’elle avait besoin d’être inces-samment contenue dans la soumission par un brasde fer et la plus rigoureuse surveillance.
En rentrant dans le Charqyeh, Reynier trouvales habitans dans de mauvaises dispositions ; ilsne croyaient pas à la victoire d’Abouqyr et se per-suadaient que les Français avaient été battus. Entraversant la province de Mansourah, les paysansdu village de Deramtour s’armèrent pour lui re-fuser le passage; il fut obligé de l’attaquer, et deleur tuer une centaine d’hommes b
Au Kaire, la nouvelle de la victoire d’Abouqyrfut reçue avec enthousiasme par tous les Français.On se félicitait, on s’embrassait, la joie était sin-cère et unanime. Toutes les passions , tous lesintérêts se turent devant l’éclat d’un triomphequi venait de venger sur cette même plage l’af-front que la marine y avait reçu. Mais cette vic-toire ne fit aucune sensation sur les habitans ; ledivan en reçut très-froidement la nouvelle et mit
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beaucoup de tiédeur à la publier. Le i5, il y eutquelque mouvement dans la ville ; on ferma desboutiques ; un homme criait hautement dans lesrues : « Aux armes, Musulmans , le moment est
‘ Lettre de Reynier a Bonaparte, du i~ thermidor.