GUERRE D’ÉGYPTE. — CHAP. XV. l^X']
les en chasser eux-mêmes, Mourad-Bey ne futpas tenté d’obéir à l’ordre du commandant de l’ar-mée turque \ Il n’en travailla pas moins à ras-sembler le plus qu’il pourrait de Mamlouks, d’A-rabes et d’aventuriers , pour profiter de l’absencede Desaix, s’il quittait la Haute-Egypte. Le généralne crut donc pas devoir perdre de vue Mourad-Bey, et s’acharna à sa poursuite.
La désobéissance de Desaix n’avait eu aucunrésultat fâcheux, puisqu’on avait vaincu à Abou-qyr ; cependant il n’en était pas moins dans sontort, et, malgré son amitié pour lui, le généralen chef le rappela à son devoir. « J’ai été peu sa-tisfait, lui écrivit-il, de toutes vos opérationspendant le mouvement qui vient d’avoir lieu.Vous avez reçu l’ordre de vous porter au Kaire,et vous n’en avez rien fait. Tous les événemensqui peuvent survenir ne doivent jamais empêcherun militaire d'obéir, et le talent à la guerre con-siste à lever les difficultés qui peuvent rendre uneopération difficile , et non pas à la faire manquer.Je vous dis ceci pour l’avenir. »
Bonaparte lui fît encore d’autres reproches. Ason retour de Syrie, il avait demandé à son lieute-nant qu’il croyait nager dans l’abondance, de luienvoyer i5o,ooo fr. ; il les promit : non-seule-ment i! ne les envoya pas , mais il aligna la soldede ses troupes, tandis que celle du reste de l’ar-
1 Las Cases, tome t, page 277, fait venir Mourad-Bey dans lecamp de Mustapha-Pacha, et leur prête un dialogue. Mourad-Bey ne mit pas le pied dans le camp des Turcs.
TOME U. — GU ERRE d’ÉGYFTE.
27