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d’industrie qui se rattachent au commerce d’exportation, de la même manière que, de son côté, cecommerce d’exportation n’est possible que sous la condition de salaires peu élevés pour la main-d’œuvre.
France elle s’est élevée en 1800, d’après le rapport de Chaptal , à 320,000 quintaux; en Angleterreet en Irlande, à 190 millions de livres; en 1809, où l’on commença à se servir du sucre dans lafabrication des liqueurs, la consommation de cette denrée coloniale s’est élevée à 290 millions de livres.La consommation du sucre a augmenté particulièrement en Irlande pendant les trois années précédentes,et en 1808 elle s’est élevée à 468,812 ‘A quintaux, de sorte que les 5 millions d’habitants que comptel’Irlande ont consommé plus de sucre que la France et la Russie.
Dans cette rapide et favorable augmentation, la consommation du sucre reste encore bien en ar-rière si l’on prend la France, la Grande-Bretagne et les États de l’Association douanière pour termesde comparaison; car, d’après les quantités qui sont indiquées, il n’y a eu en 1835 que 1 UI livre partête dans la monarchie autrichienne, qui compte une population de 34 millions d’habitants; 3,,, livrespar tête dans l’Association douanière, qui a une population de 23 1 /„ millions d’habitants; 17„ livresdans la Grande-Bretagne et 4, 3 livres en France. La consommation, si l’on porte en ligne de comptele sucre de betteraves, s’élève en France à 6 ,., par tête, tandis que le sucre de betteraves n’a étéd’aucune influence dans la consommation eu Autriche et en Prusse, et n’a provoqué nullement une di-minuation du sucre colonial; au contraire, on a plutôt remarqué que la fabrication du sucre colonial aaugmenté en raison directe de l’état florissant de la fabrication du sucre de betteraves.
La consommation du sucre augmente aussi chaque année en Suisse.
En effet, voici quel est l’état de l’importation du sucre :
1839 1840 1841 1842 1843 1844 1845 1846
QUINT.
123,201
QUINT.
150,358
QUINT.
153,201
QUINT.
152,344
QUINT.
135,644
QUINT.
173,821
QUINT.
156,767
QUINT.
156,741
Par conséquent, en tout 1,202,077 quintaux pendant huit ans. La moyenne de 18 39 / 4 , 7 a donc étéde 142,253 quintaux, et de 18*-/ 46 elle a été de 155,063 quintaux, ce qui montre une augmentationessentielle. En 1840 (la seule année au sujet de laquelle j’aie pu prendre connaissance des contrôlesd’importation en France, en Autriche et dans l’Association douanière), l’exportation s’est élevée à533 quintaux; ceux-ci déduits de l’importation totale de 155,063 quintaux, il reste 154,530 quintauxpour la consommation intérieure, ce qui fait 7 livres par tête pour une population de 2,200,000 âmes.
Cependant il ne faut pas perdre de vue que, sur plusieurs points, on fait un commerce considérablede contrebande avec le sucre et le café, ce qui amoindrit la consommation intérieure; il est certainque ce genre de commerce est baucoup plus fort que dans l’Association douanière allemande.
Voici comment Dieterici, seconde suite, p. 122 et suivantes, évalue la consommation intérieuredes différents États:
Angleterre ........ par tête livres 15, 7
Pays-Bas
BelgiqueDanemarkFrance
Association douanièreSuisseSuède
Espagne, Portugal, Italie, Turquie, GrèceAutriche ......
10
8
7,3
6 ,.,;
4
2,3
2
1„6