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Exposé du mouvement commercial entre la Suisse et la France pendant l'année 1840 : suivi d'un coup d'oeil retrospectif sur les traités, lois et ordonnances concernant les rapports commerciaux entre la Suisse et la France depuis le quinzième siècle jusqu'à nos jours / par le Dr A. de Gonzenbach
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de ces deux exemples auxquels on en pourrait joindre une foule dautres, pour prouver quun systèmede douanes seul ne suffit pas à empêcher le commerce passif. En revanche il est plus que vraisemblableque si la France ne possédait point de système de douanes, ou voulait introduire un système de droitsmodérés au lieu de son système prohibitif, la Suisse naurait pas à déplorer de commerce passif dansses rapports avec la France.

Si ces considérations sont de nature à calmer en quelque sorte de trop vives inquiétudes noussommes dun autre côté bien éloignés de méconnaître tout ce quil y a de préjudiciable dans les rapportscommerciaux existants entre la Suisse et la France ; et même , comme nous lavons déjà dit, nous avonslintime conviction que la Suisse pourrait facilement compenser avec des marchandises la totalité delimportation de France , si elle nen était empêchée par la législation douanière de ce pays qui frappedune prohibition indirecte ou directe les articles les plus importants de lindustrie Suisse. De lexclusionartificielle des produits de cette industrie il résulte encore que le commerce dexportation pour laFrance , en tant quil existe encore , porte sur des objets autres que ceux quil embrasserait sous unelégislation douanière plus équitable , et il sensuit même quune partie de ce commerce dexportation ,nenrichit la Suisse que très peu ou pas du tout. On conçoit facilement que le commerce dobjets ma-nufacturés doit apporter un profit plus net que le commerce en produits du sol ; car le premièr paye enoutre de la valeur première delà marchandise, les frais de travail et la main doeuvre , et contribue parà lentretien de la population qui soccupe de la fabrication de ces marchandises ; le commerce des produitsdu sol se borne à bonifier la valeur première des marchandises qui servent souvent de matière première àlindustrie du pays voisin, devenant ainsi un moyen de subsistance et une source de prospérité pour sa population.

Si nous comparons , à cet égard les exportations de Suisse en France, et les importations de Franceen Suisse, le résultat est loin dêtre favorable pour la Suisse.

Examinant dabord le commerce général dexportation de Suisse en France, nous trouvons quil aété exporté de Suisse en France pendant l'année 1840 :

a) Matières nécessaires à lindustrie pour

b) objets de consommation savoir

.

Fr.

23,399,836

1) naturels .....

.

«

2,554,717

2) fabriqués .....

.

U

44,104,509

Fr.

70,059,062

Pour ce qui concerne le commerce spécial avec

la France , il se répartit

comme suit :

a) Matières nécessaires à lindustrie pour

b) objets de consommation :

. .

Fr.

12,765,616

1) naturels ... .

.

<c

2,227,769

2) fabriqués .....

.

U

5,507,088

Fr.

20,500,473

Il a été exporté de plus en numéraire ,

.

Fr.

6,606,211