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de ces deux exemples auxquels on en pourrait joindre une foule d’autres, pour prouver qu’un systèmede douanes seul ne suffit pas à empêcher le commerce passif. En revanche il est plus que vraisemblableque si la France ne possédait point de système de douanes, ou voulait introduire un système de droitsmodérés au lieu de son système prohibitif, la Suisse n’aurait pas à déplorer de commerce passif dansses rapports avec la France.
Si ces considérations sont de nature à calmer en quelque sorte de trop vives inquiétudes noussommes d’un autre côté bien éloignés de méconnaître tout ce qu’il y a de préjudiciable dans les rapportscommerciaux existants entre la Suisse et la France ; et même , comme nous l’avons déjà dit, nous avonsl’intime conviction que la Suisse pourrait facilement compenser avec des marchandises la totalité del’importation de France , si elle n’en était empêchée par la législation douanière de ce pays qui frapped’une prohibition indirecte ou directe les articles les plus importants de l’industrie Suisse. De l’exclusionartificielle des produits de cette industrie il résulte encore que le commerce d’exportation pour laFrance , en tant qu’il existe encore , porte sur des objets autres que ceux qu’il embrasserait sous unelégislation douanière plus équitable , et il s’ensuit même qu’une partie de ce commerce d’exportation ,n’enrichit la Suisse que très peu ou pas du tout. On conçoit facilement que le commerce d’objets ma-nufacturés doit apporter un profit plus net que le commerce en produits du sol ; car le premièr paye enoutre de la valeur première delà marchandise, les frais de travail et la main d’oeuvre , et contribue par làà l’entretien de la population qui s’occupe de la fabrication de ces marchandises ; le commerce des produitsdu sol se borne à bonifier la valeur première des marchandises qui servent souvent de matière première àl’industrie du pays voisin, devenant ainsi un moyen de subsistance et une source de prospérité pour sa population.
Si nous comparons , à cet égard les exportations de Suisse en France, et les importations de Franceen Suisse, le résultat est loin d’être favorable pour la Suisse.
Examinant d’abord le commerce général d’exportation de Suisse en France, nous trouvons qu’il aété exporté de Suisse en France pendant l'année 1840 :
a) Matières nécessaires à l’industrie pour
b) objets de consommation savoir
.
Fr.
23,399,836
1) naturels .....
.
«
2,554,717
2) fabriqués .....
.
U
44,104,509
Fr.
70,059,062
Pour ce qui concerne le commerce spécial avec
la France , il se répartit
comme suit :
a) Matières nécessaires à l’industrie pour
b) objets de consommation :
. .
Fr.
12,765,616
1) naturels ... .
.
<c
2,227,769
2) fabriqués .....
.
U
5,507,088
Fr.
20,500,473
Il a été exporté de plus en numéraire ,
.
Fr.
6,606,211