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— Peu d’années avant cette conspiration,en 1808, Napoléon, parlant de la France,avait dit au conseil d’état que les choses yétaient organisées de telle façon qu’un capo-ral pourrait avec quelques hommes, dans unmoment de crise, s’emparer du gouverne-ment.—Voyez France. La France en 1808.
MALTE.
Les îles de Malte, de Goze et de Cu-mino sont trois petites îles voisines lesunes des autres. Il est peu de pays plusingrats. Tout est rochers, la terre y estrare, on en fait venir de Sicile pour ac-croître la culture et faire des jardins. Laprincipale production de ces îles est lecoton : c’est le meilleur du Levant ; ellesen fonî pour quelques millions. Tout cequi est nécessaire à la vie vient de Sicile.La population des trois îles est de centmille âmes, elles ne pourraient pas ennourrir dix mille. Le port est un des plusLeuux et des plus sûrs de la Méditerra-née. La capitale la Valette est une villede trente mille âmes ; il y a de belles mai-sons, de grandes rues, de superbes fon-taines, des quais, magasins, etc. Lesfortifications sont étendues, très-consi-dérables, mais entassées les unes sur lesautres en pierres de taille. Tout y est ca-sematé et à l’abri de la bombe. Cai'farellidu Falga, qui commandait le génie, ditplaisamment en faisant la reconnaissance :« Il est bien heureux que nous ayonstrouvé quelqu’un dedans pour nous ou-vrir les portes. » Il faisait allusion augrand nombre de fossés qu’il eût fallutraverser et d’escarpes qu’il eût fallugravir. La maison du grand maître estpCu de chose, ce serait sur le continentcelle d’un particulier de cent mille livresde rente. Il y a de très-beaux orangers,un grand nombre de jardins inférieurs etde maisons appartenant aux baillis, com-mandeurs, etc. L’oranger en est le prin-cipal Ornement. (Mémoires de Napoléon.)
— Facilité et utilité qu’il y avait pour la Franceà s'emparer de Malte en 1797.
Pourquoi ne nous entparerions-nous
pas de l’ile de Malte? L’amiral Brueys pour-rait très-bien mouiller là et s’en emparer :quatre cents chevaliers et au plus un régi-ment de cinq cents hommes sont la seulegarde qu’ait la ville de la Valette. Ses habi-tants, quimontentàplus de centmille, sonttrès-portés pour nous, et fort dégoûtés deleurs chevaliers, qui ne peuvent plus vivreet meurent de faim; je leur ai fait exprèsconfisquer tous leurs biens en Italie. Avecl’ile de Saint-Pierre, que nous a cédée leroi de Sardaigne, Malte, Corfou, nousserons maîtres de toute la Méditerranée.
(C. I. Lettre au ministre des relations extérieures ,du 27 fructidor an v — 13 septembre 1797.)
— Sur la prise <le Malte en 1798.
■i C’est dans Mantoue que j’ai prisMalte, nous disait un jour l’Empereur;c’est le généreux traitement employé àl’égard de Wurmscr qui me valut la sou-mission du grand maître et de ses che-valiers. » (Mémorial.)
— Sur l’ordre de Malte.
L’ordre de Malte possédait des biensen Espagne, en Portugal, en France, enItalie, en Allemagne. A la suppressionde l’ordre des templiers, celui de Maltehérita de la plus grande partie de leursbiens. Ces biens avaient la même origineque ceux des moines; c’étaient des dona-tions faites par les fidèles aux hospitaliersde Saint-Jean de Jérusalem et aux cheva-liers du Temple, chargés d’escorter lespèlerins et de les garantir des insultes desArabes. L’intention des donateurs étaitque ces biens fussent employés contre lesinfidèles. Si l’ordre de Malte avait remplicette intention, et que tous les biens qu’ilpossédait dans les différents états chré-tiens eussent été employés à faire la guerreaux barbaresques et à protéger les côtesde la chrétienté contre les pirates d’Alger,de Maroc, Tunis et Tripoli, l’ordre eûtmieux mérité, à Malte, de la chrétientéque dans la guerre de Syrie et des croi-sades. Il pouvait entretenir une escadrede huit à dix vaisseaux de 74, et une
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