Buch 
Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
Seite
323
JPEG-Download
 

MAL

323

MAL

Peu dannées avant cette conspiration,en 1808, Napoléon, parlant de la France,avait dit au conseil détat que les choses yétaient organisées de telle façon quun capo-ral pourrait avec quelques hommes, dans unmoment de crise, semparer du gouverne-ment.Voyez France. La France en 1808.

MALTE.

Les îles de Malte, de Goze et de Cu-mino sont trois petites îles voisines lesunes des autres. Il est peu de pays plusingrats. Tout est rochers, la terre y estrare, on en fait venir de Sicile pour ac-croître la culture et faire des jardins. Laprincipale production de ces îles est lecoton : cest le meilleur du Levant ; ellesen fonî pour quelques millions. Tout cequi est nécessaire à la vie vient de Sicile.La population des trois îles est de centmille âmes, elles ne pourraient pas ennourrir dix mille. Le port est un des plusLeuux et des plus sûrs de la Méditerra-née. La capitale la Valette est une villede trente mille âmes ; il y a de belles mai-sons, de grandes rues, de superbes fon-taines, des quais, magasins, etc. Lesfortifications sont étendues, très-consi-dérables, mais entassées les unes sur lesautres en pierres de taille. Tout y est ca-sematé et à labri de la bombe. Cai'farellidu Falga, qui commandait le génie, ditplaisamment en faisant la reconnaissance :« Il est bien heureux que nous ayonstrouvé quelquun dedans pour nous ou-vrir les portes. » Il faisait allusion augrand nombre de fossés quil eût fallutraverser et descarpes quil eût fallugravir. La maison du grand maître estpCu de chose, ce serait sur le continentcelle dun particulier de cent mille livresde rente. Il y a de très-beaux orangers,un grand nombre de jardins inférieurs etde maisons appartenant aux baillis, com-mandeurs, etc. Loranger en est le prin-cipal Ornement. (Mémoires de Napoléon.)

Facilité et utilité quil y avait pour la Franceà s'emparer de Malte en 1797.

Pourquoi ne nous entparerions-nous

pas de lile de Malte? Lamiral Brueys pour-rait très-bien mouiller et sen emparer :quatre cents chevaliers et au plus un régi-ment de cinq cents hommes sont la seulegarde quait la ville de la Valette. Ses habi-tants, quimontentàplus de centmille, sonttrès-portés pour nous, et fort dégoûtés deleurs chevaliers, qui ne peuvent plus vivreet meurent de faim; je leur ai fait exprèsconfisquer tous leurs biens en Italie. Aveclile de Saint-Pierre, que nous a cédée leroi de Sardaigne, Malte, Corfou, nousserons maîtres de toute la Méditerranée.

(C. I. Lettre au ministre des relations extérieures ,du 27 fructidor an v 13 septembre 1797.)

Sur la prise <le Malte en 1798.

i Cest dans Mantoue que jai prisMalte, nous disait un jour lEmpereur;cest le généreux traitement employé àlégard de Wurmscr qui me valut la sou-mission du grand maître et de ses che-valiers. » (Mémorial.)

Sur lordre de Malte.

Lordre de Malte possédait des biensen Espagne, en Portugal, en France, enItalie, en Allemagne. A la suppressionde lordre des templiers, celui de Maltehérita de la plus grande partie de leursbiens. Ces biens avaient la même origineque ceux des moines; cétaient des dona-tions faites par les fidèles aux hospitaliersde Saint-Jean de Jérusalem et aux cheva-liers du Temple, chargés descorter lespèlerins et de les garantir des insultes desArabes. Lintention des donateurs étaitque ces biens fussent employés contre lesinfidèles. Si lordre de Malte avait remplicette intention, et que tous les biens quilpossédait dans les différents états chré-tiens eussent été employés à faire la guerreaux barbaresques et à protéger les côtesde la chrétienté contre les pirates dAlger,de Maroc, Tunis et Tripoli, lordre eûtmieux mérité, à Malte, de la chrétientéque dans la guerre de Syrie et des croi-sades. Il pouvait entretenir une escadrede huit à dix vaisseaux de 74, et une

2t.