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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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sent se marier avant vingt ans ni les fillesavant dix-huit. Sans cela nous n'auronspas une bonne race.

(Mémoires sur le Consulat. )

Dans un pays le divorce est reçu,on ne peut espérer la durée des mariagessi lon permet de les contracter au sortirde lenfance. Même avant que le divorcefût usité en France, on mariait rarementdes enfants de treize à quatorze ans ; ousi de grands intérêts déterminaient à for-mer de telles unions, on séparait lesépoux jusquà ce quils eussent atteint lâgedune maturité plus avancée. Il serait bi-zarre que la loi autorisât des individus àse marier avant lâge elle permet de lesentendre comme témoins, ou de leur in-fliger les peines destinées aux crimes com-mis avec un entier discernement.

Ce système serait peut-être le plussage qui nautoriserait le mariage quàvingt et un ans pour les hommes et àquinze pour les filles.

( Procès-verbaux du conseil d'état.)

On ne devrait pas permettre le ma-riage à des individus qui ne se connaî-traient pas depuis six mois.

(Mémoires sur le Consulat.)

Le mariage ne doit pas être interdit ausourd-muet.

Le mariage étant un contrat, et toutcontrat se formant par le consentement,on conçoit que celui qui ne peut exprimerson consentement ne peut pas se marier ;mais le sourd-muet de naissance, envoyant son père et sa mère, a connu lasociété du mariage ; il est toujours capa-ble de manifester la volonté de vivrecomme eux; et alors pourquoi aggraverson malheur en ajoutant des privations àcelles que lui a imposées la nature?

La privation de louïe et de la parolene doit pas être un empêchement au ma-riage, plutôt que dautres infirmités quipeuvent également y avoir rapport.

Il ne suffit pas dêtre en garde contrelintérêt que des étrangers peuvent avoir à

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séduire le sourd-muet; il convient égale-ment de ne pas perdre de vue lintérêtque peut avoir sa famille à lempêcher dese marier.

Au reste, la loi pourrait se taire surles sourds-muets, puisquils sont capablesde se marier sous la condition communeà tous de donner leur consentement : ellepourrait se borner à dire comment ilsexprimeront quils consentent au mariage.

( Procès-verbaux du conseil détat. )

De l'erreur dans la personne.

Il ny a pas derreur sur la personnelorsque le consentement au mariage portesur un individu présent.

Mais, dit-on, nous ne sommes plus danslétat de nature; dans lordre social, lapersonne se compose tout à la fois de lafigure, du nom, des qualités civiles.

Il est facile de prouver que, dans lor-dre social même, le nom et les qualitésciviles ne font pas la personne : parexemple, la sœur de celle quun citoyense propose dépouser arrive d'Amérique ;elle a les mêmes noms et les mêmes qua-lités que lautre ; dira-t-on cependant quecest la même personne? Comment ad-mettre que les qualités civiles aient uneinfluence déterminante sur un acte aussiimportant que le mariage ! Cest par lecaractère, cest par la figure que des épouxse conviennent, sattachent, se choisis-sent, et le législateur ne peut pas suppo-ser quils ne se connaissent pas sous cerapport, et quun engagement aussi sé-rieux que le mariage, un engagement ensoi indissoluble, puisquil ne peut êtrerompu que par remède extrême du di-vorce, soit jamais contracté avec une tellelégèreté que les époux naient pas pris letemps de se connaître. Que sont auprèsdes qualités naturelles les qualités pure-ment civiles? Elles devaient sans douteêtre dun grand poids lorsquil existait desdistinctions de caste ; alors le systèmeexistant devait les faire influer sur la va-lidité du mariage; mais aujourdhui quon