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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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il.ny a pas de mariage. Si, an contraire,intimidée par les menaces, elle consentau mariage ne fût-ce quun moment, lemariage subsistera jusquà ce que les tri-bunaux aient décidé que le consentementna pas été libre.

(Procès-verbaux du conseil d'état. )

Il ny a pas de mariage il ny apas de consentement libre ; et il est pos-sible que le consentement donné devantlofficier public nait pas été libre. La loidoit prévoir ces sortes de violences. Quandelles ont eu lieu, il y a un acte civil; maisil est nul, car on ne peut pas regardercomme libre le consentement d'un indi-vidu violenté. Il faudrait même chercherune expression qui rendît mieux cette idéeque lexpression consentement libre. Onpourrait décider quil ny a pas de mariagequand le consentement na pas été donnédans les formes prescrites par le titre re-latif aux actes de létat civil, et quil nya pas do consentement lorsquil y a vio-lence, séduction ou erreur sur la personne.

( Le Consulat et lEmpire. )

De la demande en nullité.

La demande en nullité sera formée parlépoux aussitôt quil aura recouvré saliberté ou reconnu son erreur; à daterdun an après cette époque il ne sera plusadmis à lintenter... Ce délai est néces-saire pour que la durée de laction ne soitpas indéfinie. ( Procès-verbaux du conseil détat.)

De la demande en nullité formée par le père.

On peut accorder aux père et mère lafaculté de demander la nullité du mariagecontracté sans leur consentement; maisil serait trop dur de donner à ces sortes denullités une durée indéfinie. Elles doiventêtre circonscrites dans un délai. La récla-mation nest pas recevable quand le pèrea connu le mariage et gardé un long si-lence , attendu quil ne devait pas resterneutre. (te Consulat et lEmpire.)

Règles particulières aux actes de mariage.

Il faudrait énoncer les droits et les de-

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voirs des époux et leur faire connaître lesengagements quils prennent lun enverslautre....

Le mariage étant parfait aux yeux dela loi, et ayant tous ses effets après la céré-monie civile, lofficier civil doit expliqueraux parties les conditions de leur contrat.

La lecture du titre sur les devoirs desépoux donnerait à une fille dont on au-rait forcé les inclinations le temps de ré-clamer à la face du public ; elle laisserait,dailleurs, dans lesprit des époux dessouvenirs qui les porteraient à interrogerla loi comme leur régulatrice, lorsque,pendant le cours de leur mariage, il sur-viendrait entre eux quelques difficultés.

( Procès-verbaux du conseil tl'état. )

La femme doit obéissance à son mari.

Il faudrait une formule pour lofficierde létat civil qui contiendrait la promessedobéissance et de fidélité par la femme.On doit lui apprendre quen sortant de latutelle de sa famille, elle passe sous cellede son mari. Lofficier civil marie sansaucune solennité; cela est trop sec. 11faut quelque chose de moral : voyez lesprêtres ; il y avait un prône. Si cela nétaitpas entendu par les époux occupés dautrechose, cela létait par les assistants.

(Le Consulat et l'Empire.)

Un conseiller détat ayant demandé si lesanciennes lois avaient imposé lobéissance :

« Lange la dit à Adam et Eve, répon-dit le premier consul. On le prononçaiten latin lors de la célébration du mariage,et la femme ne l'entendait pas. Ce mot-est bon pour Paris surtout, les femmesse croient en droit de faire ce quellesveulent. Je ne dis pas que cela produirade leffet sur toutes, mais cela en pro-duira sur quelques-unes. » (Ibid.)

Ne devrait-on pas ajouter que lafemme nest pas maîtresse de voir quel-quun qui ne plaît pas à son mari? desfemmes ont toujours ces mots à la bouche :« Vous voulez mempêcher de voir qui

me pldît! » (Mémoires sur le Consulal.)