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des matelots qui ne viendraient pas pourun modique salaire. Croyait-on que, sansl’action de l’autorité, on trouverait des sol-dats à six sous? tous préféreraient resterdans leurs familles pour en gagner trenteou quarante. La France était un trop bonpays pour qu’on voulût s’y faire soldat.Mais la main de l’autorité fait ce que lanature des choses ne permettrait pas.
(Le Consulat et l’Empire.)
— Le grand mal de notre marine en 1805.
Le grand mal de notre marine est queles hommes qui la commandent sontneufs dans toutes les chances du com-mandement.
(Histoire du Consulat et de l'Empire. — Lettreà Laurislon, 1 février 1805.)
— De l’organisation des tribunaux maritimes.
On me propose de créer des tribunauxspéciaux pour les arsenaux de marine :nous avons déjà deux espèces de justice,les conseils de guerre et les tribunauxordinaires; je désire qu’on n’en crée pasune troisième pour les marins.
Je ne propose pas d’assujettir les ma-rins aux tribunaux ordinaires, parce que,dans la discipline militaire, un souffletmérite la mort, une menace les galères :ce sont des crimes au premier chef : il yaurait de l’inconvénient à accoutumer lestribunaux ordinaires à cette jurisprudenceféroce. 11 vaut mieux avoir recours pourles marins aux tribunaux militaires. Telleest au premier abord mon opinion. Peut-être sera-t-elle modifiée par la discussion.
Je voudrais que les règlements de dis-cipline qu’on fera pour nos marins nedonnassent pas plus le droit de les frapperqu’on n’a celui de frapper nos soldats,parce que le principe du Français est qu’uncoup reçu doit absolument être rendu. Jene prétends pas pour cfela que, dans leservice et près de l’ennemi, on ne puissestimuler par ce moyeu les marins et lessoldats; mais ce n’est plus l’usage d’undroit, c’est vivacité, c’est zèle pour leservice...
On doit mettre à profit autant que pos-sible, dans l’organisation des tribunauxmaritimes comme dans tout le reste, lesmachines existantes. 11 vaut mieux exa-miner un système dans son ensemble quede toucher seulement à une de scs parties.
Je veux enfin que les projets de loi soienttrès-courts et très-concis.
(Pblet de la Lozèiie.)
Voyez le décret du 12 novembre 1806.
Avenir de la marine française. — La marine fran-çaise comparée avec la marine anglaise. — Pour-quoi , dans les derniers temps, elle a été presqueconstamment battue par celle-ci.
La marine française est appelée à acqué-rir de la supériorité sur la marine an-glaise. Les Français entendent mieux laconstruction, et les vaisseaux français, del’aveu même des Anglais, sont tous meil-leurs que les leurs. Les pièces sont supé-rieures en calibre d'un quart aux pièces an-glaises, cela forme deux grands avantages.
Les Anglais ont plus de discipline. Lesescadres de Toulon et de l’Escaut avaientadopté les mêmes pratiques et usages queles Anglais, et arrivaient à une disciplineaussi sévère, avec la différence que com-portait le caractère des deux nations. Ladiscipline anglaise est une discipline d’es-clave ; c’est le patron devant le serf. Ellene se maintient que par l’exercice de laplus épouvantable terreur. Un pareil étatde choses dégraderait et avilirait le ca-ractère français, qui a besoin d’une dis-cipline paternelle, plus fondée sur l’hon-neur et les sentintents.
Dans la plupart des batailles que nousavons perdues contre les Anglais, ou nousétions inférieurs, ou nous étions réunisavec des vaisseaux espagnols qui, étantmal organisés, et dans ces derniers tempsdégénérés, affaiblissaient notre ligne aulieu de la renforcer; ou bien enfin, lèsgénéraux commandant en chef, qui vou-laient la bataille et marchaient à l’enneniijusqu’à ce qu’ils fussent en présence, hé-sitaient alors, se mettaient eu retraite sous