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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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MARQUE.

Nécessité de la marque pour le crime de faux.

La marque est principalement néces-saire pour le crime de faux. Les faussai-res sont extrêmement multipliés. Pres-que toutes les pièces de comptabilité sontfausses... Il faut donc effrayer les faus-saires par la peine. Le faussaire est ordi-nairement riche; il est condamné auxfers, il séchappe, rentre dans la société,et avec un beau salon on va dîner chez lui.Cela narriverapas quandla main du bour-reau laura flétri. Le faussaire restera alorsisolé. Cela est dans nos mœurs. En An-gleterre, on punit de mort le faussaire. Leroi ne peut lui faire grâce. Cette rigueurest fondée sur la nécessité de prévenir lafalsification du papier-monnaie. Appli-quera-t-on la marque au voleur? Cela nestpas si urgent. Il y a cent voleurs à Parisqui la veille des fêtes nationales se con-stituent prisonniers ; ils sont connus dupréfet de police. [Mémoires sur le Consulat. )

MARTYRE.

Le clergé, sous le règne de Napoléon, navait pointà espérer le martyre.

Pendant les démêlés avec le pape, Napo-léon eut une scène avec son oncle le cardi-nal Fescli, qui, dans la dispute, lui dit quilne craignait pas le martyre.

Le martyre ! répliqua Napoléon en sou-riant, ny comptez pas, monsieur le car-dinal. Cest une affaire il faut êtredeux. Quant à moi, je ne veux martyriserpersonne. [Le Consulat et lEmpire . )

MASSÉNA,

Maréchal d'empire, duc de Rivoli et prince d'Essling. Masséna en 1796.

Masséna, actif, infatigable, a de lau-dace, du coup dœil et de la promptitudeà se décider.

(C. I. Lettre au Directoire , du 26 thermidoran IV 13 août 1796. )

Pourquoi, en lan xm, Napoléon donna le

commandement de larmée dItalie à Masséna.

. . . Jai envoyer en Italie lhomme

qui la connaît le mieux. Depuis la rivièrede Gênes jusquà lAdige, il nest aucuneposition que Masséna ne connaisse. Silfaut aller en avant, il a encore un avan-tage : ces contrées agrestes, dont il nexistepas de carte même à Vienne, lui sont éga-lement familières.

[Lettre à Jourdan, fructidor an xmseptembre 1805.)

Talents, qualités et défauts de Masséna.

LEmpereur pense que quarante à cin-quante mille Français commandés parMasséna sont invincibles, sils sont dansune bonne position et sur un même champde bataille chaque corps puisse sen-traider.

[Lettre de Berthier, du 30 fructidor an xm 17 septembre 1805. )

Masséna était éminemment noble etbrillant au milieu du feu et du désordredes batailles : le bruit du canon lui éclair-cissait les idées, lui donnait de lesprit, dela pénétration et de la gaieté.

[Mémoires de Napoléon.)

Masséna était un grand pillard. Ilétait toujours de moitié avec les fournis-seurs et les commissaires de l'armée. Jelui dis plusieurs fois que sil voulait cesserses spéculations je lui ferais présent de800,000 fr. ou dun million; mais il enavait pris tellement lhabitude, quil nepouvait sempêcher de se mêler de ces sa-les intrigues pécuniaires. Il était haï pourcela par les soldats, qui se révoltèrenttrois ou quatre fois contre lui. Cependant,eu égard aux circonstances, cétait unhomme précieux, et il eût été un grandhomme, si ses qualités brillantes neus-sent été obscurcies par le vice honteux delavarice. (OMéara.)

Portrait historique de Masséna.

Masséna, à Nice, était entré au ser-vice de France dans le régiment de Royal-Italien; il avança rapidement et devintgénéral de division. A larmée dItalie, ilservit sous les généraux en chef Dugom-

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