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corps de l’artillerie; il s’est spécialementdistingué au siège de Toulon, où il futblessé en entrant par une embrasure dansla célèbre redoute anglaise.
Son père était alors arrêté comme fer-mier général : le jeune Muiron se présenteà la Convention nationale, au comité ré-volutionnaire de sa section, couvert dusang qu’il venait de répandre pour la pa-trie ; il obtint la libération de son père.
Au 13 vendémiaire, il commandaitune des divisions d’artillerie qui défen-daient la Convention; il fut sourd auxséductions d’un grand nombre de ses con-naissances et des personnes de sa société.Je lui demandai si le gouvernement pou-vait compter sur lui : « Oui, me dit-il,j’ai fait serment de soutenir la république,je fais partie de la force armée, j’obéiraien obéissant à mes chefs; je suis d’ail-leurs, par ma manière de voir, ennemide tous les révolutionnaires, et tout au-tant de ceux qui n’en adoptent les maxi-mes et la marche que pour rétablir untrône, que de ceux qui voudraient réta-blir ce régime cruel où mon père et mesparents ont si longtemps souffert. » Il s’ycomporta effectivement en brave homme,et fut très-utile dans cette journée, qui asauvé la liberté.
Depuis le commencement de la cam-pagne d’Italie, j’avais pris le citoyen Mui-ron pour mon aide de camp. 11 a rendudans presque toutes les affaires des ser-vices essentiels. Enfin, il est mort glorieu-sement sur le champ de bataille d’Arcole.
(.Lettre au Directoire, du 8 nivôse an v —
28 décembre 1796.)
Napoléon n’a jamais oublié le dévouementde Muiron; la lettre même que nous venonsde transcrire n’est autre chose qu’une recom-mandation adressée au Directoire en faveurde sa famille. L’année suivante, invité à bap-tiser une frégate que l’on venait d’armer, sije ne me trompe, à Venise, il la nomma laMuiron, et, chose à noter, ce fut sur cettefrégate qu’il revint d’Egypte en France. Vingtans plus tard, à Sainte-Hélène, dictant àM. de Las Cases le récit de la bataille d’Ar-
cole, il disait en parlant de la mort de Mui-ron , mort héroïque et touchante !
MURAT,
Grand-duc de Berg, roi de Naples.
Sur la conduite de Murat à la ba-taille d'Aboukir. Voyez Aboukir.
— Sur la conduite de Murat dans la campagnede 1805.
On est rempli d’étonnement lorsquel’on considère la marche du prince Muratdepuis Albeck jusqu’à Nuremberg. Quoi-que se battant toujours, il est parvenu àgagner de vitesse l’ennemi, qui avait deuxjournées de marche sur lui. Le résultatde cette prodigieuse activité a été la prisede quinze cents chariots, de cinquantepièces de canon, de seize mille hommes,y compris la capitulation du général Wer-neck, et d’un grand nombre de drapeaux...
(, Dixième bulletin, du 30 vendémiaire an xiv—• 28 octobre 1805.)
— Sur sa conduite en 1813.
Lorsque Murat eut abandonné l’année»Napoléon écrivit à la reine de Naples :
« Votre mari est un fort brave hommesur le champ de bataille, mais il est plusfaible qu’une femme quand il ne voit pasl’ennemi : il n’a aucun courage moral. »
— Il écrivit à Murat lui-même à peu prèsdans les mêmes termes, et ajouta :
« Je suppose que vous notes pas deceux qui pensent que le lion est mort. Sivous faisiez ce calcul, il serait faux. Vousm’avez fait tout le mal que vous pouviezdepuis mon départ de ll'ilna : le titre deroi vous a tourné la tête. <>
(Lettres des 24 et 26 janvier 1813.)
— Sur la conduite de Murat en 1814.
Parlant, à la fin de 1813, de la défectionprobable de Murat, Napoléon disait:
C’est moi qui l’ai fait roi de Naples ;c'est à sa femme qu’il doit son royaume.S’il n’avait pas été mon beau-frère, jen’aurais jamais pensé à lui ; tous les au-tres maréchaux avaient autant de droits...