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gcr, l'inflammation des esprits, la gran-deur du spectacle, eussent dirigé de toutesparts des multitudes sur la capitale. J’au-rais aggloméré indubitablement plus dequatre cent mille hommes, et je n’estimepas que les alliés dépassassent cinq centmille. L’affaire était alors ramenée à uncombat singulier qui eût causé autantd’effroi à l’ennemi qu’à nous ; il eût hé-sité, et la confiance du grand nombre mefût revenue.
» Cependant je me serais entouré d’uneconsulte ou junte nationale, tirée par moidu corps législatif, toute formée de nomsnationaux, dignes de la confiance de tous ;j’aurais ainsi fortifié ma dictature mili-taire de toute la force de l’opinion civile ;j’aurais eu ma tribune ; elle eût soufflé letalisman des principes sur toute l’Europe ;les souverains eussent frémi de voir lacontagion gagner les peuples ; ils eussenttremblé, traité ou succombé!...
» Mais n’en voilà que trop sur un sujetqui fait toujours du mal! Je le répète denouveau, l’histoire décidera! »
( Mémorial. )
— Sur l’abandon des chambres au retour deWaterloo.
J’arrivais pour combiner nos dernièresressources : on m’abandonne... on m’a-bandonne avec la même facilité avec la-quelle on m’avait reçu !... Eh bien ! qu’onefface, s’il est possible, cette double tachede faiblesse et de légèreté ! qu’on la cou-vre au moins de quelque lutte, de quel-que gloire! qu’on fasse pour la patrie cequ’on ne veut plus faire pour moi !... Jene l’espère point. Aujourd’hui ceux quilivrent Bonaparte disent que c’est poursauver la France : demain, en livrant laFrance, ils prouveront qu’ils n’ont voulusauver que leurs têtes.
(Mémoires sur les Cent Jours.)
— Pourquoi Napoléon aurail-il craint de rester enFrance après Waterloo ?
Qu’ai-je à craindre en restant? Quelsouverain pourrait, sans se nuire, me
persécuter ? J’ai rendu à l’un la moitié deses états : que de fois l’autre m’a serréla main en m’appelant grand homme!Et le troisième peut-il trouver plaisir ouhonneur dans les humiliations de songendre? Voudront-ils, à la face de laterre, proclamer qu’ils n’ont agi que de
peur? ( Mémoires sur les Cent Jours.)
— Pourquoi on ne pouvait pas lui permettre d’aller
en Angleterre.
Si l'on ne me veut pas en France, oùveut-on que j’aille? En Angleterre? Monséjour y sera ridicule ou inquiétant. J’yserais tranquille, qu’on ne le croirait pas.Chaque brouillard serait soupçonné dem'apporter sur la côte. Au premier aspectd’un habit vert débarquant d’une chaloupe,les uns s’enfuiraient hors de France, lesautres mettraient la France hors la loi. Jecompromettrais tout le monde, et, à forcede dire : Voilà qu’il arrive, on me donne-rait la tentation d’arriver... (Ibid.)
— Le gouvernement provisoire n’aurait pas dû se
presser d’éloigner Napoléon.
Le 1 er juillet 1815, en entendant les crisde Vive l'Empereur! au moment où il tra-versait Niort, Napoléon dit à ceux qui l’ac-compagnaient :
Le gouvernement connaît mal l’espritde la France ; il s’est trop pressé de m’é-loigner de Paris. S’il avait accepté madernière proposition, les affaires auraientcertainement changé de face. Je pourraisexercer encore, au nom de la nation,une grande influence dans les affaires'politiques, en appuyant les négociationsdu gouvernement par une arrpée à la-quelle mon nom aurait servi de point deralliement. (Le Consulat et l'Empire.)
— Sur la convention du 2 août 1815.
L’article premier de la convention du2 août était ainsi conçu : « Napoléon Bona-parte est considéré par les puissances quiont signé le traité du 20 mars dernier commeleur prisonnier. »