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ces dispositions et ces principes qui l'a-vaient fait l’homme le plus propre auxcirconstances de brumaire. Il n’avait surce point ni défiance, ni préjugés, ni pas-sions ; il avait constamment employé deshommes de toutes les classes, de tous lespartis, sans jamais regarder en arrièred’eux, sans leur demander ce qu’ils avaientfait, ce qu’ils avaient dit, ce qu’ils avaientpensé, exigeant seulement qu’ils marchas-sent désormais et de bonne foi vers le butcommun : le bien et la gloire de tous ;qu’ils se montrassent vrais et bons Fran-çais. Jamais surtout il ne s’était adresséaux chefs pour gagner les partis ; au con-traire , il avait attaqué la masse des parfispour pouvoir dédaigner leurs chefs.
[Mémorial. )
— Napoléon avait-il à se repentir de son systèmede politique intérieure?
a C’est sans raison, disait l’Empereur,qu’on m’a reproché d’avoir employé desnobles et des émigrés... Ce ne sont pasles nobles et les émigrés qui ont amenéla restauration, mais bien plutôt la res-tauration qui a ressuscité les nobles et lesémigrés. Ils n’ont pas plus particulière-ment contribué à notre perte que d’au-tres ; les vrais coupables sont les intri-gants de toutes les couleurs et de toutesles doctrines. Fouché n’était point unnoble, Talleyrand n’était pas un émigré ;Augereau et Marmont n’étaient ni l’un nil’autre. Je pourrais multiplier les cita-tions. C’est encore sans raison, conti-nuait-il , qu’on m’a reproché d’avoir dé-daigné certaines personnes influentes ;j’étais trop puissant pour ne pas mépriserimpunément les intrigues et l’immoralitéreconnue de la plupart d’entre elles. Aussin’cst-ce rien de tout Cela qui m’a ren-versé ; mais seulement des catastrophesimprévues, inouïes, des circonstances for-cées : cinq cent mille hommes aux portesde la capitale, une révolution encoretoute fraîche, une crise trop forte pourles tètes françaises, et surtout une dy-
nastie pas assez ancienne. Je me seraisrelevé du pied des Pyrénées même, siseulement j’eusse été mon petit-fils.
» Et ce que c’est pourtant que la magiedu passé ! Bien certainement j’étais l’élùdes Français, leur nouveau culte étaitleur ouvrage. Eh bien ! dès que les an-ciens ont reparu, voyez avec quelle faci-lité ils sont retournés aux idoles !...
» Et comment une autre politique,après tout, eût-elle pu empêcher ce quim’a perdu? J’ai été trahi par Marmontque je pouvais dire mon fils, mon enfant,mon ouvrage, lui auquel je confiais mesdestinées en l’envoyant à Paris au mo-ment même où il consommait sa trahisonet ma perte. J’ai été trahi par Murat, quede soldat j’avais fait roi, qui était l’épouxde ma sœur. J’ai été trahi par Berthier,véritable oison que j’avais fait une espèced’aigle. J’ai été trahi dans le sénat pré-cisément par ceux du parti national quime doivent tout. Tout cela n’a donc tenunullement à mon système de politiqueintérieure. Sans doute on pourrait m’ac-euger avec avantage d’avoir employé tropfacilement d’anciens ennemis ou des no-bles et des émigrés, si un Macdonald,un Valence, un Montesquiou m’eussenttrahi ; mais ils m’ont été fidèles. Que sion m’objectait la betise de Murat et deBerthier, je répondrais par l’esprit deMarmont... Je n’ai donc pas à me repen-tir de mon sygtème de politique inté-rieure, etc., etC. » (Mémorial.)
— Pourquoi il n'a pas été un Washington,
Arrivé au pouvoir, on eût voulu quej’eusse été un Washington : les mots necoûtent rien, et bien sûrement ceux quil’ont dit avec tant de facilité le faisaientsans connaissance des temps, des lieux,des hommes et des choses. Si j’eusse étéen Amérique, volontiers j’eusse été unWashington, et j’y eusse eu peu de mé-rite, car je ne vois pas comment il eût étéraisonnablement possible de faire autre-ment. Mais si lui se fût trouvé en France,