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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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sous la dissolution du dedans et souslinvasion du dehors, je lui eusse défiédêtre lui-même, ou sil eût voulu lêtre,il neût été quun niais , et neût fait quecontinuer de grands malheurs. Pour moi,je ne pouvais être quun Washingtoncouronné. Ce nétait que dans un con-grès de jois, au milieu des rois convain-cus ou maîtrisés, que je pouvais le de-venir. Alors, et seulement, je pouvaismontrer avec fruit sa modération, sondésintéressement, sa sagesse ; je ny pou-vais raisonnablement parvenir quau tra-vers de la dictature universelle : jy aiprétendu. Men ferait-on un crime ? Pen-serait-on quil fût au-dessus des forceshumaines de sen démettre? Sylla, gorgéde crimes, a bien osé abdiquer, pour-suivi par lexécration publique. Quel mo-tif eût pu marrêter, moi qui naurais euque des bénédictions à recueillir?.... 11me fallait vaincre à Moscou! Combienavec le temps regretteront mes désastreset ma chute ! Mais demander de moi avantle temps ce qui nétait pas de saison étaitdune bêtise vulgaire ; moi lannoncer, lepromettre, eût été pris pour du verbiage,du charlatanisme ; ce nétait point mongenre....

Je le répète, il me fallait vaincre àMoscou! [Mémorial.)

Napoléon mal secondé par ses frères.

« Il est sûr, disait lEmpereur, que jaiété peu secondé des miens, et quils ontfait bien du mal à moi et à la grande cause.On a souvent vanté la force de mon ca-ractère; je nai été quune poule mouillée,surtout pour les miens ; et ils le savaientbien : la première bourrade passée, leurpersévérance, leur obstination lempor-taient toujours ; et', de guerre lasse, ilsont fait de moi ce quils ont voulu. Jaifait de grandes fautes. Si au lieu de celachacun deux eût imprimé une impulsioncommune aux diverses masses que je leuravais confiées, nous eussions marché jus-quaux pôles; tout se fût abaissé devant

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nous; nous eussions changé la face dumonde, lEurope jouirait dun systèmenouveau, nous serions bénis ! Je nai paseu le bonheur de Gengis-Kan avec sesquatre fils, qui ne connaissaient dautrerivalité que celle de le bien servir. Moi,nommais-je un roi, il se le croyait toutaussitôt par la grâce de Dieu, tant le motest épidémique. Ce nétait plus un lieute-nant sur lequel je devais me reposer,cétait un ennemi de plus dont je devaismoccuper. Ses efforts nétaient pas de meseconder, mais bien de se rendre indé-pendant. Ils avaient tout aussitôt la ma-nie de se croire adorés, préférés à moi.Cétait moi désormais qui les gênais, quiles mettais en péril. Des légitimes nau-raient pas agi autrement ; ils ne se seraientpas crus plus ancrés. Pauvres gens ! qui,quand jai eu succombé, ont pu se con-vaincre quils navaient pas même lhon-neur de voir leur destitution exigée oumentionnée par lennemi ; et aujourdhuiencore, si on gêne leur personne, si onles tourmente, ce ne peut être, de la partdu victorieux, que le besoin de faire pe-ser le pouvoir ou la bassesse dexercer lavengeance. Si les miens inspirent un grandintérêt aux peuples, cest quils tiennentà moi, à la cause commune; mais quau-cun deux puisse causer un mouvement,assurément on peut être bien tranquille ;et pourtant, malgré la philosophie de plu-sieurs dentre eux (car nen était-il pasqui, pour régner, sétaient dits forcés à lafaçon des chambellans du faubourg Saint-Germain?), leur chute a leur être biensensible ; ils sétaient faits promptementaux douceurs du poste : ils ont tous étéréellement rois. Tous, à labri de mes tra-vaux, ont joui de la royauté; moi seulnen ai connu que le fardeau. Tout letemps jai porté le monde sur mes épau-les, et ce métier, après tout, ne laissepas que davoir sa fatigue, etc.

» On me dira peut-être pourquoi mobs-tiner à créer des états, des royaumes?Mais les mœurs et la situation de lEurope