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désordres étaient encore au seuil de laporte. M’accuscra-l-on d’avoir trop aiméla guerre? mais il montrera que j’ai tou-jours été attaqué. D’avoir voulu la monar-chie universelle ? mais il fera voir qu’ellene fut que l’œuvre fortuite des circon-stances , que ce furent nos ennemis eux-mêmes qui m’y conduisirent pas à pas.Enfin, sera-ce mon ambition? Ah! sansdoute il m’en trouvera, et beaucoup; maisde la plus grande et de la plus haute quifut peut-être jamais ! celle d’établir, deconsacrer enfin l’empire delà raison et leplein exercice, l’entière jouissance de tou-tes les facultés humaines ! El ici l’historienpeut-être se trouvera réduit à devoir re-gretter qu’une telle ambition n’ait pas étéaccomplie, satisfaite!... En bien peu demots, voilàpourtant toute mon histoire. »
(Mémorial. )
— II se souhaite un Corneille.
Napoléon dès sa jeunesse n’avait en vueque le jugement de la postérité ; son cœur pal-pitait à l’idée d’une grande et noble actionqu’elle saurait apprécier.
Je voudrais être ma postérité, disait-il, et assister à ce qu’un poète tel que legrand Corneille me ferait sentir, penseret dire. (Mémoires du roi Joseph.)
NAPOLÉON,
Roi de Rome, duc de Reichstadt. — Destinéepossible du roi de Rome.
“ Le roi de Rome, disait l’Empereur,
( serait 1 homme des peuples, il serait celuide l’Italie; aussi la politique autrichiennele tuera, peut-être pas sous son grand-père, qui est un honnête homme, maisqui ne vivra pas toujours. Ou bien encore,si les mœurs de nos jours n’admettent pasun tel attentat, alors ils essayeront d’abru-tir ses facultés, ils l’hébéteront. Et si,enfin, il échappait à l’assassinat physique, et à l’assassinat moral ; si sa mère et lanature venaient à le sauver de tous cesdangers, alors!—alors!_ a-t-il ré-
pété plusieurs fois comme en cherchant ;
alors!.... comme alors!_Car, qui peut
assigner les destinées d’aucun ici-bas? «
(Mémorial. )
NARBONNE ( LOUIS, COMTE DE),Ambassadeur de France en Autriche en 1813.
En parlant de ses ambassadeurs, l’Em-pereur a dit que M. de Narbonne était leseul qui eût bien mérité ce titre et rem-pli vraiment cette fonction. « Et cela, di-sait-il, par l’avantage personnel, non-seulement de son esprit, mais bien plusencore par celui de ses mœurs d’autrefois,de scs manières, de son nom. Car, tantqu’on n’a qu’à prescrire, le premier venusuffit, tout est bon ; peut être même l’aidede camp est-il préférable ; mais dès qu’onen est réduit à négocier, c’est autre chose ;alors à la vieille aristocratie des cours del’Europe on ne doit plus présenter que leséléments de cette même aristocratie ; carelle aussi est une espèce de maçonnerie.Un Otto, un Andréossy entreront-ils dansles salons de Vienne? aussitôt les épan-chements de l’opinion se tairont, les ha-bitudes de mœurs cesseront ; ce sont desintrus, des profanes; les mystères doiventêtre interrompus. C’est le contraire pourun Narbonne, parce qu’il y a affinité,sympathie, identité ; et telle femme de lavieille roche livrera peut-être sa personneà un plébéien, et ne lui découvrira pasles secrets de l’aristocratie. »
L’Empereur aimait beaucoup M. deNarbonne; il s’y était fort attaché, disait-il, et le regretta vivement. « Jusqu’à sonambassade, répétait-il, nous avions étédupes de l’Autriche. En moins de quinzejours, M. de Narbonne eut tout pénétré,et M. de Metfernich se trouva fort gêné decette nomination.
» Toutefois, ce que peut la fatalité!Les succès mêmes de M. de Narbonnem’ont perdu peut-être ; ses talents m’ontété du moins bien plus nuisibles qu’utiles :l'Autriche, se croyant devinée, jeta lemasque et précipita ses mesures. Avecmoins de pénétration de notre part, elle
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