NEY
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NIL
un tribunal ; il ne lui restait plus rien àrépondre sur ce grand événement. Quantà la défense de sa vie, il n’avait rien àrépondre encore, si ce n’est qu’il était àl’abri derrière une capitulation sacrée quigarantissait à chacun le silence et l’oublisur tous les actes, sur toutes les opinionspolitiques. Si dans ce système il succom-bait, ce serait du moins à la face despeuples, en violation des lois les plussaintes, laissant le souvenir d’un grandcaractère, emportant l’intérêt des âmesgénéreuses, et couvrant de réprobation etd’infamie ceux qui, au mépris d’un traitésolennel, l’abandonnaient sans pudeur.Mais ce rôle est peut-être au-dessus de sesforces morales, disait l’Empereur. Ney estle plus brave des hommes, là se bornenttoutes SCS facultés. » (Mémorial.)
— Sur sa condamnation.
Ney, aussi mal attaqué que mal défendu,avait été condamné par la Chambre despairs, en dépit d’une capitulation sacrée.On l’avait laissé exécuter, c’était une fautede plus ; on en avait fait dès cet instant unmartyr. Qu’on n’eût point pardonné La-bédoyère, parce qu’on n’eût vu dans laclémence qu’une prédilection en faveur dela vieille aristocratie, cela se concevait;mais le pardon de Ney n’eût été qu’unepreuve de la force du gouvernement et dela modération du prince. On dira peut-être qu’il fallait un exemple; mais le ma-réchal le devenait bien plus sûrement parun pardon, après avoir été avili par unjugement : c’était pour lui une véritablemort morale qui lui ôtait toute influence;et cependant le coup de l’autorité étaitporté, le souverain satisfait et l’exempleaccompli. (Ibid.)
Il ne nous appartient pas d’émettre icinotre opinion, soit sur la défense, soit surla condamnation du maréchal Ney. Nous di-rons seulement que la conduite du princede Condé à l’époque de la Fronde n’avaitpas été moins répréhensible que celle deTurenne, à laquelle Napoléon ne trouve point
d’excuse; et cependant Bossuet, parlant desfaiblesses de ce prince, n’a pas craint de dire :« Tout est surmonté par la gloire de songrand nom et de scs actions immortelles. »Et le héros de la retraite de Russie n’est-ilpas aussi grand que le vainqueur de Fribourget de Rocroy?
NIL.
Du Nil et de ses inondations.
Le Nil prend sa source dans les mon-tagnes de l’Abyssinie, coule du sud aunord, et se jette dans la Méditerranée,après avoir parcouru l’Abyssinie, les dé-serts de la Nubiaet l’Egypte. Son cours estde huit cents lieues, dont deux cents surle territoire égyptien. Il y entre à la hau-teur de l’ile d’Eltilé ou d’Eléphantine etfertilise les déserts arides qu’il traverse.Ses inondations sont régulières et produc-tives : régulières, parce que ce sont lespluies du tropique qui les causent; pro-ductives, parce que ces pluies, tombantpar torrents sur les montagnes de l’Abys-sinie, couvertes de bois, entraînent avecelles un limon fécondant que le Nil déposesur les terres. Les vents du nord régnentpendant la crue de ce fleuve, et, par unecirconstance favorable à la fertilité, enretiennent les eaux.
En Égypte il ne pleut jamais. La terren’y produit que par l’inondation régulièredu Nil. Lorsqu’elle est haute, l’année estabondante ; lorsqu’elle est basse, la récolteest médiocre.
11 y a cent cinquante lieues de l'iled’Éléphantine au Caire, et cette valléequ’arrose le Nil a une largeur moyennede cinq lieues. Après le Caire, ce fleuvese divise en deux branches et forme uneespèce de triangle qu’il couvre de ses dé-bordements. Ce triangle a soixante lieuesde base, depuis la tour des Arabes jusqu’àPéluse, et cinquante lieues de la mer auCaire; un de ses bras se jette dans la Mé-diterranée, près de Rosette, l’autre prèsde Damiette. Dans des temps plus reculésil avait sept embouchures.
Le Nil commence à s’élever au solstice