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('gaux aux leurs les principaux personna-ges de l’Empire. Le succès fut complet,la noblesse européenne cessa dès lorsd’ètre opposée à la France, et vit avecune secrète joie une nouvelle noblessequi, par cela quelle était nouvelle, luiparaissait inférieure à l’ancienne; elle neprévoyait pas la conséquence du systèmefrançais, qui tendait à déraciner, à dé-priser la noblesse féodale, ou du moins àl’obliger à se reconstituer à nouveau titre.
L’ancienne noblesse de France, en re-trouvant sa patrie et une partie de sesbiens, avait repris ses titres; elle se con-sidérait, non légalement, mais de fait,plus que jamais comme race privilégiée;toute fusion ou amalgame avec les chefsde la révolution était difficile : la créationde nouveaux titres fit disparaître entière-ment ces difficultés; il n’y eut aucuneancienne famille qui ne s’alliât volontiersavec les nouveaux ducs; en effet, lesNoailles, les Colbert, les Louvois, lesFleury étaient de nouvelles maisons; dèsleur origine, les plus anciennes maisonsde France avaient brigué leur alliance ;c’est ainsi que les familles de la révolu-tion se trouvaient consolidées, et l’an-cienne et la nouvelle France réunies. Cefut à dessein que le premier titre que Na-poléon donna fut au maréchal Lefebvre :ce maréchal avait été simple soldat, ettout le monde dans Paris l’avait connusergent aux gardes françaises.
Son projet était de reconstituer l’an-cienne noblesse de France. Toute famillequi comptait parmi ses ancêtres un car-dinal, un grand officier de la couronne,un maréchal de France, un ministre, etc.,eût été pour cela seul apte à solliciter auconseil du sceau le titre de duc; toutefamille qui aurait eu un archevêque, unambassadeur, un premier président, unlieutenant général ou un vice-amiral, letitre de comte ; toute famille qui aurait euun cvêque, un maréchal de camp, uncontre-amiral, un conseiller d’état, unprésident à mortier, le titre de baron. Ces
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titres n’auraient été octroyés qu’à la chargepar les impétrants d’établir pour les dursun majorât de 100,000 francs de revenu;pour les comtes de 30,000 francs; pourles barons de 10,000 francs; cette règle,qui régissait le passé et le présent, devaitrégir l’avenir. De là sortait une noblessehistorique, qui liait le passé, le présentet l’avenir, et qui était constituée non surles distinctions du sang, qui était une no-blesse imaginaire, puisqu’il n’y a qu’uneseule race d’hommes, mais sur les ser-vices rendus à l’état. De même que le filsd’un cultivateur pouvait se dire : Je seraiun jour cardinal, maréchal de France ouministre, il pouvait se dire : Je ferai lecommerce, je gagnerai plusieurs millionsque je laisserai à mes enfants. Un Mont-morency eût été duc, non pas parce qu’ilétait Montmorency, mais parce qu’un descs ancêtres avait été connétable, et avaitrendu de grands services à l’état. Cettevaste idée changeait le plan de la noblessequi n’était que féodale, et élevait sur sesdébris une noblesse historique, fondéesur l’intérêt de la patrie et les servicesrendus aux peuples et aux souverains.Cette idée, comme celle de la Légiond’honneur, comme celle de l’Université,était éminemment libérale ; elle était pro-pre à la fois à consolider l’ordre social età anéantir le vain orgueil de la noblesse ;elle détruisait les prétentions de l’oligar-chie, et maintenait dans son intégrité ladignité et l’égalité de l’homme. C’étaitune idée mère, organisatrice, libérale;elle eût caractérisé le nouveau siècle. Na-poléon ne mettait aucune précipitationdans l’exécution de ses projets; il croyaitavoir du temps devant lui. Il disait sou-vent à son conseil d’état : « J’ai besoin devingt ans pour accomplir mes projets. »II lui en a manqué cinq.
(Mémoires de Napoléon 1 . )
NOIRS.
De la liberté des noirs.
La question de la liberté des noirs esl