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OPINION.
Je respecterai les jugements de l'o-pinion publique quand ils seront légi-times; mais elle a des caprices qu’il fautsavoir mépriser. (Pelet de la Lozère.)
— Napoléon disait que si l’on pouvaitlivrer bataille à l’opinion, il ne la re-douterait point; mais que, n’ayant pasd’artillerie qui pût l’atteindre, il fallaitla gagner par la justice et l’équité, ellene résiste pas à ces deux puissances.
« Agir autrement sur elle, disait-il, c’estcompromettre biens et honneurs. Il fautse résigner; on ne la mettra jamais enprison, et en la comprimant on l’exas-père. » (Journal anecdotique (le M ms Campan.)
— Que m’importe l’opinion des salonset des caillettes? Je ne 1 écoulé pas. Jen’eu connais qu’une : celle des gros pay-sans. Tout le reste n’est rien.
(Le Consulat et l’Empire. )
—L’opinion publique est une puissanceinvisible, mystérieuse, à laquelle rien nerésiste ; rien n’est plus mobile, plus vagueet plus fort; et toute capricieuse quelleest, elle est cependant vraie, raisonnable,juste, beaucoup plus souvent qu’on nepense.
Étant consul provisoire, un des pre-miers actes de mon administration fut ladéportation d’une cinquantaine d’anar-chistes. L’opinion publique, à laquelle ilsétaient en horreur, tourna subitementpour eux, et me força de reculer. Maisquelque temps après, ces mêmes anar-chistes ayant voulu comploter, ils furentterrassés de nouveau par cette même opi-nion qui me revint aussitôt. C’était ainsiqu’à la restauration, en s’y prenant mal,on était venu à bout de rendre les régi-cides populaires, eux que la masse de lanation proscrivait un instant auparavant.
Il n’appartenait qu’à moi de pouvoir re-lever en France la mémoire de Louis XVI,et laver ln nation des crimes dont l’avaient
souillée quelques forcenés et des fatalitésmalheureuses. Les Bourbons, étant de lafamille et venant du dehors, ne faisaientque vehger leur cause particulière et ac-croître l’opprobre national. Moi au con-traire, parti du peuple, je soignais sagloire, en faisant, en son nom, sortirdes rangs ceux qui l’avaient souillée, etc’était bien mon intention ; mais j’y pro-cédais avec sagesse : les trois autels ex-piatoires à Saint-Denis n’avaientété qu’unprélude; le temple de la Gloire sur lesfondements de la Madeleine devait y êtreconsacré avec un bien plus grand éclat ;c’était là, près de leur tombeau, sur leursossements même, que les monuments deshommes et les cérémonies de la religioneussent relevé, au nom du peuple fran-çais, la mémoire des victimes politiquesde notre révolution. C’était un secret quin’a pas été connu de plus de dix per-sonnes; mais encore avait-il fallu en lais-ser percer quelque chose à ceux qui diri-geaient l’ordonnance de cet éditice. Dureste, je ne l’aurais pas fait avant dixans, et encore eût-il fallu voir les pré-cautions que j’y aurais employées, commetout y eût été arrondi, les aspérités soi-gneusement écartées. Tous eussent pu yapplaudir, aucun n’en eût souffert. Toutconsiste tellement dans les circonstanceset dans les formes, que Carnot n’auraitpas osé écrire un mémoire sous mon règnepour se vanter de la mort du roi, et il l’afait sous les Bourbons. C’est que j’eussemarché avec l’opinion publique pour l’enpunir, tandis que l’opinion publique mar-chait avec lui pour le rendre inattaquable.
(Mémorial. )
— De l’opinion à la guerre.
«... Tout est opinion à la guerre, opi-nion sur l’ennemi, opinion sur ses propressoldats. Après une bataille perdue, ladifférence du vainqueur au vaincu estpeu de chose-; c’est l’influence morale quiest tout, puisque deux ou trois escadronssuffisent pour produire un grand effet.,.