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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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saient quune même famille, les Occi-dentaux; ils avaient mêmes lois, mêmesmœurs, mêmes usages; ils différaient en-tièrement des Orientaux, surtout dans lesdeux grands rapports de leurs femmes,de leurs domestiques. Les Orientaux ontdes esclaves; nos domestiques sont de con-dition libre ; les Orientaux enferment leursfemmes ; les nôtres partagent tous nosdroits ; ils ont un sérail ; et jamais dansaucun temps la polygamie na été admisedans lOccident. Il existe encore une fouledautres oppositions, observait l'Empe-reur; on dit en avoir compté jusquà qua-tre-vingts ; ce sont donc réellement, di-sait-il, des peuples différents.

» Tout est calculé, continuait-il, chezles Orientaux, pour quils puissent garderleurs femmes et sassurer delles; toutenotre vie, au contraire, dans lOccident,est calculée pour que nous ne puissionsles garder et que nous soyons obligés denous en rapporter à elles-mêmes. Touthomme, chez nous, sous peine didio-tisme, doit avoir une occupation : or,quand il vaquera à ses affaires ou rem-plira ses fonctions, qui surveillera pourlui? Il faut donc chez nous tout à faitcompter sur lhonneur des femmes et yavoir aveugle confiance. Pour moi, di-sait-il gaiement, jai eu femmes et maî-tresses, et jamais il ne mest venu lidéedune surveillance particulière, parce queje pensais quil devait en être pour celacomme des poignards et du poison danscertaine situation ; le tourment des pré-cautions lemporte encore sur le dangerque lon veut éviter ; il vaut mieux saban-donner à sa destinée.

» Prononcer, du reste, quelle est lameilleure méthode, de la nôtre ou de celledes Orientaux, est une fort grande ques-tion. Ce quil y a de bien certain, cestquon se tromperait fort si on supposaitmoins de jouissances aux Orientaux, si onles croyait moins heureux que nous dansnotre Occident. Chez eux les maris y ai-ment beaucoup leurs femmes, les femmes

y aiment beaucoup leurs maris. Ils onttout autant de chances de bonheur quenous, quelques différences, dailleurs,qui semblent se présenter ; car tout estconvention parmi les hommes, jusquà dessentiments qui sembleraient ne devoir ve-nir que de la nature; et puis encore cesfemmes ont leurs droits chez elles commeles nôtres chez nous. On ne pourrait pasles empêcher daller au bain public, pasplus quon nempêcherait chez nous lesfemmes daller à léglise ; et les unes enabusent comme les autres.

» Vous voyez que lespèce humaine,son imagination, ses sentiments, ses ver-tus, scs fautes parcourent un cercle assezétroit. Tout cela se retrouve, à bien peude chose près, de même partout. »

(Mémorial. )

OTTOMAN.

Des Ottomans à la guerre.

LOttoman est en général adroit, fort,brave et bon tirailleur; il se défend par-faitement derrière un mur; mais en rasecampagne, le défaut densemble, de dis-cipline et de tactique, le rend très-peuredoutable.

(Mémoires dictés au général Bertrand . )

OUDIJVOT,

Duc de Reggio, maréchal dempire.

LEmpereur a donné le commandementdu second corps au comte Oudinot, gé-néral éprouvé dans cent combats il amontré autant dintrépidité que de savoir.

(Dixième bulletin, du 23 mai 1809.)

PAIRIE.

De la pairie en 1815.

La pairie est en désharmonie avec létatprésent des esprits; elle blessera lorgueilde larmée, elle trompera lattente des par-tisans de légalité, elle soulèvera contremoi mille prétentions individuelles.voulez-vous que je trouve les élémentsdaristocratie que la pairie exige? Les an-ciennes fortunes sont ennemies, plusieursdes nouvelles sont honteuses. Cinq ou six