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saient qu’une même famille, les Occi-dentaux; ils avaient mêmes lois, mêmesmœurs, mêmes usages; ils différaient en-tièrement des Orientaux, surtout dans lesdeux grands rapports de leurs femmes,de leurs domestiques. Les Orientaux ontdes esclaves; nos domestiques sont de con-dition libre ; les Orientaux enferment leursfemmes ; les nôtres partagent tous nosdroits ; ils ont un sérail ; et jamais dansaucun temps la polygamie n’a été admisedans l’Occident. Il existe encore une fouled’autres oppositions, observait l'Empe-reur; on dit en avoir compté jusqu’à qua-tre-vingts ; ce sont donc réellement, di-sait-il, des peuples différents.
» Tout est calculé, continuait-il, chezles Orientaux, pour qu’ils puissent garderleurs femmes et s’assurer d’elles; toutenotre vie, au contraire, dans l’Occident,est calculée pour que nous ne puissionsles garder et que nous soyons obligés denous en rapporter à elles-mêmes. Touthomme, chez nous, sous peine d’idio-tisme, doit avoir une occupation : or,quand il vaquera à ses affaires ou rem-plira ses fonctions, qui surveillera pourlui? Il faut donc chez nous tout à faitcompter sur l’honneur des femmes et yavoir aveugle confiance. Pour moi, di-sait-il gaiement, j’ai eu femmes et maî-tresses, et jamais il ne m’est venu l’idéed’une surveillance particulière, parce queje pensais qu’il devait en être pour celacomme des poignards et du poison danscertaine situation ; le tourment des pré-cautions l’emporte encore sur le dangerque l’on veut éviter ; il vaut mieux s’aban-donner à sa destinée.
» Prononcer, du reste, quelle est lameilleure méthode, de la nôtre ou de celledes Orientaux, est une fort grande ques-tion. Ce qu’il y a de bien certain, c’estqu’on se tromperait fort si on supposaitmoins de jouissances aux Orientaux, si onles croyait moins heureux que nous dansnotre Occident. Chez eux les maris y ai-ment beaucoup leurs femmes, les femmes
y aiment beaucoup leurs maris. Ils onttout autant de chances de bonheur quenous, quelques différences, d’ailleurs,qui semblent se présenter ; car tout estconvention parmi les hommes, jusqu’à dessentiments qui sembleraient ne devoir ve-nir que de la nature; et puis encore cesfemmes ont leurs droits chez elles commeles nôtres chez nous. On ne pourrait pasles empêcher d’aller au bain public, pasplus qu’on n’empêcherait chez nous lesfemmes d’aller à l’église ; et les unes enabusent comme les autres.
» Vous voyez que l’espèce humaine,son imagination, ses sentiments, ses ver-tus, scs fautes parcourent un cercle assezétroit. Tout cela se retrouve, à bien peude chose près, de même partout. »
(Mémorial. )
OTTOMAN.
Des Ottomans à la guerre.
L’Ottoman est en général adroit, fort,brave et bon tirailleur; il se défend par-faitement derrière un mur; mais en rasecampagne, le défaut d’ensemble, de dis-cipline et de tactique, le rend très-peuredoutable.
(Mémoires dictés au général Bertrand . )
OUDIJVOT,
Duc de Reggio, maréchal d’empire.
L’Empereur a donné le commandementdu second corps au comte Oudinot, gé-néral éprouvé dans cent combats où il amontré autant d’intrépidité que de savoir.
(Dixième bulletin, du 23 mai 1809.)
PAIRIE.
De la pairie en 1815.
La pairie est en désharmonie avec l’étatprésent des esprits; elle blessera l’orgueilde l’armée, elle trompera l’attente des par-tisans de l’égalité, elle soulèvera contremoi mille prétentions individuelles. Oùvoulez-vous que je trouve les élémentsd’aristocratie que la pairie exige? Les an-ciennes fortunes sont ennemies, plusieursdes nouvelles sont honteuses. Cinq ou six