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noms illustres ne suffisent pas.. Sans sou-venirs, sans éclat historique, sans grandespropriétés, sur quoi ma pairie sera-t-ellefondée? Celle d’Angleterre est tout autrechose ; elle est au-dessus du peuple, maiselle n’a pas été contre lui. Ce sont lesnobles qui ont donné la liberté à l’Angle-terre; la grande Charte vient d’eux, ilsont grandi avec la constitution, et font unavec elle; mais d'ici à trente ans, meschampignons de pairs ne seront que dessoldats ou des chambellans ; l’on ne verraqu’un camp ou une antichambre.
(Mémoires sur les Cent Jours. )
PAIX.
Avantages de la paix.
Monarque et père, je sens que la paixajoute à la sécurité des trônes et à celledes familles.
(Au corps législatif, le 19 décembre 1813.)
— Quelle était la paix que Napoléon voulait en 1813.
Parce que je n’aurai pas fait la paix,on dira que je n’ai pas voulu la faire... Lapaix que je ne veux pas faire, c’est celleque mes ennemis veulent me dicter. Sont-ils donc plus pacifiques que moi? Ne re-fusent-ils pas de leur côté la paix que jeleur propose? Ce que mes ennemis appel-lent la paix générale, c’est ma destruction.Ce que j’appelle la paix, c’est seulementle désarmement de mes ennemis : ne suis-je pas plus modéré qu’eux? Cette accusa-tion d’èlre passionné pour la guerre estabsurde à mon égard; mais tôt ou tardl’opinion en fera justice; on reconnaîtraque, j’avais plus d’intérêt qu’un autre àfaire la paix, que je le savais, et que si jene l’ai pas faite, c’est qu’apparemment jene l’ai pas pu... Il ne faut pas juger surle refus que j’oppose à leurs premièresdemandes. Ne sait-on pas que toute puis-sance qui entre en négociation veut d’a-bord tout ce quelle croit pouvoir obtenir?C’est dans la nature des choses. Mais latransaction arrive ensuite à son terme. Oule vainqueur l’emporte, ou le vaincu ré-
siste, ou les deux parties se concilient.Je l’avouerai, j’ai cru que la position oùnous trouvait l’amnistie était favorablepour une conciliation. Nous nous balan-cions dans un équilibre de succès et derevers ; une grande transaction pouvait enrésulter entre le Nord et le Midi... Je puisbeaucoup céder; je ne craindrai pas dem’affaiblir pour une paix générale. Maisil n’en est pas de même pour une paix quine serait que continentale. Dans ce cas,la paix n’est jamais qu’une trêve pendantlaquelle l’Angleterre ne manque pas derenouer les coalitions. Rien n’étant finialors, je dois prévoir de nouvelles atta-ques et chercher à conserver le plus depuissance qu’il m’est possible : je veux dumoins 11 e céder que ce qu’il faut et pasplus qu’il ne faut. Voilà toute ma poli-tique. (Manuscrit de 1813.)
PALAIS DU ROI DE ROME.
On rapportait à l’Empereur qu’on avaitentendu dire que le palais du roi de Rome,qu’il faisait construire en ce moment (1812),serait, comme Mikaëlow, bâti par Paul I er ,une forteresse entourée de fossés et de ca-nons, une espèce de citadelle pour effrayeret contenir Paris en cas de révolte.
« Eh! ne voyez-vous pas, reprit Napo-léon, que ces mesures de sûreté, ces pré-voyances sont de bien petits moyens con-tre ceux de la perfidie et de la trahison ?Les fossés remplis d’eau, les bastions, lescorps de garde, les ponts-levis, dont l’em-pereur Paul avait entouré son habitation,la porte secrète qu’il s’était fait faire, n’ontpas empêché que ceux-là mêmes qu’ilavait pris pour garder sa personne n’atten-tassent à ses jours. La confiance et l’es-time, voilà les remparts de la demeureque je veux bâtir. Ma vie est à celui quin’aura pas craint de perdre la sienne; etje compte moins sur les baïonnettes, lesportes et les verrous, que sur l’affectionde ceux qui m’entourent. En souverain ab-solu, chef d’une armée à sa solde, estbien certainement plus exposé qu’aucun