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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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l'état des coteries qui se soutiennent,poussent leurs sujets, écartent ceux dessectes rivales , et donnent au gouvernantdes embarras de toute espèce. Les que-relles de sectes sont les plus insupporta-bles que lon connaisse. La dispute est lepropre de la science, elle lanime, lasoutient, la conduit aux découvertes. Ladispute en fait de religion à quoi conduit-elle, sinon à lincertitude, à la ruine de

toute croyance ?.

Lexamen en fait de science, la foi enmatière de religion, voilà le vrai, lutile.Linstitution qui maintient lunitc de la foi,cest-à-dire le pape, gardien de lunitécatholique, est une institution admirable.On reproche à ce chef dêtre un souve-verain étranger. Ce chef est étranger, eneffet, et il faut en remercier le ciel. Quoi !dans le meme pays, se figure-t-on uneautorité pareille à côté du gouvernementde létat ? Réunie au gouvernement, cetteautorité deviendrait le despotisme dessultans; séparée, hostile peut-être, elleproduirait une rivalité affreuse , intolé-rable. Le pape est hors de Paris,, et celaest bien ; il nest ni à Madrid ni à Vienne,et cest pourquoi nous supportons sonautorité spirituelle ; à Vienne, à Madrid,on est fondé à en dire autant* Croit-on([ue , sil était à Paris, les Viennois, lesEspagnols consentiraient à recevoir sesdécisions ? On est donc trop heureux quilréside hors de chez soi, et quen résidanthors de chez soi, il ne réside pas chezdes rivaux, quil habite dans cette vieilleRome, loin de la main des empereursd Allemagne, loin de celle des rois deFrance ou des rois dEspagne, tenant labalance entre les souverains catholiques,penchant toujours un peu vers le plusfort, et se relevant bientôt, si le plusfort devient oppresseur. Ce sont les siè-cles qui ont fait cela, et ils lont bien fait.Pour le gouvernement des âmes, cest lameilleure, la plus bienfaisante institu-tion quon puisse imaginer.

(I'hibrs, te Consulat et l'Empire.)

Projets de Napoléon sur la papauté.

Napoléon avait établi la puissance dupape en France. 11 navait voulu profiterdes circonstances ni pour créer un pa-triarche, ni pour altérer la croyance deses peuples ; il respectait les choses spiri-tuelles et les voulait dominer sans y lou-cher, sans sen mêler ; il les voulait fairecadrer à ses vues, à sa politique, mais parlinfluence des choses temporelles. Il y eutà Rome des personnes avisées qui le pres-sentirent et dirent en italien : « Cest samanière de faire la guerre ; nosant latta-quer de front, il tourne lEglise comme ila tourné les Alpes en 1796. » Pour exé-cuter ce vaste plan approprié au siècle, ilavait mis sa confiance dans lévêque deNantes ; elle était entière dans la théolo-gie de ce savant prélat ; il était résolu àne jamais perdre de vue dans sa marchece flambeau. Toutes les fois que lévêquede Nantes lui disait : « Cela attaque la foides catholiques et lEglise, » il sarrêtait ;assuré ainsi de ne pouvoir ségarer dansce dédale, il était sûr de la réussite, avecdu temps et ses grands moyens din-fluence... En 1813, sans les événementsde Russie, le pape eût été évêque de Romeet de Paris, et logé à larchevêché. Le sa-cré collège, la daterie, la pénitencerie,les missions, les archives, leussent étéautour de Notre-Dame et dans lile Saint-Louis; Rome eût été transportée danslancienne Lutèce.

Létablissement de la cour de Romedans Paris eût été fécond en grands ré-sultats politiques. Cette influence sur lEs-pagne, lItalie, la confédération du Rhin, laPologne, aurait resserré les liens fédéra-tifs du grand empire ; celle que le chef dela chrétienté avait sur les fidèles d'Angle-terre, dIrlande, de Russie, de Prusse,dAutriche, de Hongrie, de Rohême, fûtdevenue lhéritage de la France : cela seulexplique ce discours quavait retenu, maisque ne pouvait expliquer lévêque de Nan-tes. Un jour, à Trianon, il représentait