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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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la masse; ne cherchez quà réunir, mapolitique est de compléter la fusion. Ilfaut que je gouverne avec tout le mondesans regarder à ce que chacun a fait. Onsest rallié à moi pour jouir avec sécurité ;on me quitterait demain si tout rentraiten problème. (Mémoires du duc de Rovioo.)

De la fidélité quun homme politique doità son parti.

Se servir un jour dun parti pour lat-taquer le lendemain, de quelque prétexteque lon senveloppe, cest trahir.

(Mémorial. )

PATERNITÉ ET FILIATION.

Nous avons rangé sous ces mots les di-verses opinions qui ont rapport au sujet douttraite le titre vu du Code civil, de la pater-nité et de la filiation, et nous avons suivi lesdivisions du Code.

De la filiation des enfants légitimes ou nés dansle mariage.

Lorsquil y a adultère, il y a cause dedivorce ; mais il ne sensuit pas nécessai-rement que lenfant soit le fruit de ladul-tère : dans le doute, la faveur est pourlenfant ; il doit appartenir au mari.

Quant à l'impuissance, elle nest jamaisassez certainement absolue pour quellepuisse devenir une preuve contre la légi-timité de lenfant.

Il en est de même des maladies.

(Procès-verbaux du conseil d'état .)

On conçoit que la femme ait pu êtreadmise à faire valoir limpuissance de sonmari ; mais il est inouï quon ait admis lemari à faire valoir sa propre impuissancepour contester létat de son enfant...

Il ny a jamais dintérêt à priver unmalheureux enfant de son état : il ny ena quà forcer ses père et mère à le re-connaître. ..

Une disposition très-sage serait cellequi, dans tous les cas, obligerait le pèreà adopter lenfant : en même temps quelleviendrait au secours dun infortuné, elledonnerait à létat un bon citoyen; car

quespérer de celui qui nappartient à per-sonne, et que tous repoussent et aban-donnent à la dégradation?

(Procès-verbaux du conseil cCétat.)

Ladultère est une cause de divorce,mais la conséquence de ladultère nestpas toujours un enfant. Si une femmecouche avec son mari et avec un autrehomme, la faveur est pour lenfant : ilest présumé appartenir au mari. 11 nestpas évident quil nen soit pas le père, ilest très-possible quil le soit.

Quant à limpuissance, cest un motvague; elle peut nôtre que temporaire.Le fait de lexistence de lenfant prouvela puissance du mari... Il en est autre-ment quand il y a impossibilité physique,comme son absence, car on ne fait pasdenfants avec limagination. 11 faut doncque la maxime soit absolue ; que la loiprenne soin de lenfant qui ne serait pascapable de se défendre au moment sonétat serait attaqué. On pourrait admettrelexception pour cause dimpuissance ac-cidentelle, mais il faut que cela soit claircomme le soleil; tout le reste nest quillu-sion... On oppose toujours lintérêt dumari, des héritiers. Il ny a pas à balan-cer entre un intérêt pécuniaire et lexis-tence légale dun enfant. Létat y gagneun bon sujet, un citoyen, au lieu d'avoirun membre vicieux, parce quil serait dé-gradé et flétri. Je refuserais donc touteaction aux héritiers ; je ne laccorderaisquau mari, encore en la limitant à deuxou trois mois après laccouchement, etsil navait pas vécu avec lenfant, carcelte circonstance pourrait valoir au moinscomme adoption...

Jadmettrais que le père pourra désa-vouer lenfant avant cent quatre-vingt-six jours et qui survit un certain temps.Mais quand lenfant est mort, il doittoujours appartenir au mari. Si un enfantme naissait à cinq mois, je le prendraispour être de moi, et je le croirais malgréles médecins. (Le Consulat et lEmpire.)