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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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Quand il faudra en venir à la preuvedimpuissance, la femme dira toujours :« Lenfant, prouve la puissance. « Dansce débat, qui prendra donc lintérêt delenfant, si ce nest la loi? Il faut unerègle fixe pour lever tous les doutes. Ondit que cest contre les mœurs. Non, carsi le principe absolu nétait pas adopté,la femme dirait au mari : « Pourquoivoulez-vous gêner ma liberté ? Si voussoupçonnez ma vertu, vous aurez la res-source de prouver que lenfant nest pasde vous. » Il ne faut point tolérer cela.Le mari doit avoir un pouvoir absolu etle droit de dire à sa femme : « Madame,vous ne sortirez pas, vous nirez pas àla comédie, vous ne verrez pas telle outelle personne ; car les enfants que vousferez seront à moi. » Du reste, si le mariest impuissant et lallègue, cest le cas dedire : « Il est fort heureux quun autreait fait lenfant. » ( Mémoires sur le Consulat.)

Je ne voudrais pas que de la nais-sance dun enfant qui meurt ensuite onpût jamais tirer de conséquences contrelhonneur de la femme, parce qualors ilny a rien de prouvé, et quon ne sait silenfant est à terme ; mais lorsquil est après un terme trop court depuis lemariage, et quil vit, le père peut le dé-savouer...

En établissant une règle fixe, on ne faitpas dépendre létat de lenfant de ligno-rance dun accoucheur, qui pourrait setromper sur les signes daprès lesquels ilprononcerait...

Si le mari se tait lorsque lenfant naît àune époque très-rapprochée du mariage,cest une preuve quil sen reconnaît lepere. ( Procès-verbaux du conseil détat.)

Un enfant naît dune femme ma-riée. Si elle le fait inscrire sous le nomde son mari, il y a probabilité quil est lefruit du mariage; et si le mari, instruitde ce fait, ne proteste pas dans un délaiquelconque, la probabilité se convertit en

preuve. Mais si lenfant nest inscrit nisous le nom du mari ni sous celui de lafemme, et que, dix ans après, il se pré-sente pour recueillir une succession, lemari ou ses héritiers doivent être admisà faire valoir la présomption de fraudequi sélève contre cet enfant, et à prouverquil nest pas légitime. Dans cette hypo-thèse, ce ne sont pas les héritiers quiréclament contre lenfant, cest lui quivient revendiquer une place dans unefamille à laquelle il est inconnu.

(. Procès-verbaux du conseil d'état, )

Il serait injuste de refuser aux hé-ritiers du mari mort absent, ou avant ledélai pendant lequel la loi l'autorisait àréclamer, le droit que le mari a été danslimpossibilité dexercer lui-même ; maisil est juste aussi de ne pas admettre laréclamation des héritiers, lorsquil estprouvé que le mari a reconnu lenfantdune manière quelconque. (Ibid.)

Il est juste dadmettre les héritiersdu mari à prouver que lenfant de safemme nest cependant pas le sien.

Aucune famille ne serait en sûreté si,lorsquil y a fraude, elle ne pouvait écar-ter, par toute espèce de preuves, lindi-vidu qui réclame létat denfant. Or il ya présomption de fraude quand le père,ayant vécu un certain nombre dannéesdepuis la naissance de lenfant, est mortcependant sans le reconnaître. Néanmoinsles tribunaux, pour notre pas obligés dedécider formellement que lenfant appar-tient à la femme et nappartient pas aumari, le déclareraient en général malfondé dans sa demande. (Ibid.)

Des preuves de la filiation des enfants légitimes.

Sil y a eu fraude de la part de la mère,la présomption pater is est doit cesser.Non cependant que lenfant devienne nonrecevable par cette seule raison, mais ildoit être obligé de prouver son état. 11pourrait au surplus faire valoir tous les

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