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tanéc comme le mouvement qui porte àdéfendre son patrimoine.
La conspiration de la Rouarie est l’ou-vrage des nobles du Poitou et de la Bre-tagne ; elle avait pour but le rétablissementde l’autel, du trône et de la noblesse. Lareligion et les paysans seraient ses auxi-liaires et ses instruments ; son champ debataille, les cinq provinces de l’Ouest : laNormandie, la Bretagne, le Maine, l’An-jou et le Poitou. Dès 1791, les prêtresnon assermentés préparèrent les élémentsde la Vendée. En 1792, les mandementsdes évêques émigrés réfugiés à Londres ;ceux de leurs grands vicaires résidant dansles diocèses ; les prédications des curés etdes missionnaires se refusant au sermentde fidélité à la constitution civile du clergé,mais bien plus encore la haine généralecontre les prêtres intrus, avaient exalté lesimaginations populaires, particulièrementdans la Vendée et dans les Deux-Sèvres.A la mort de la Ilouarie, des conjurés,effrayés de la possibilité de la découvertede leur complot, précipitèrent leurs opé-rations dans la Vendée : l’explosion futterrible ; elle cul des succès parce qu’elleétait imprévue. La noblesse s’empara del’élan des paysans, et ces malheureux de-vinrent les instruments de la féodalité etde la politique anglaise. De là découlèrenttous les maux qui ont affligé cette bellepartie du territoire français. La Vendée aconstamment présenté deux aspects : sesvilles, ses bourgs, en communicationsfaciles depuis longues années avec les au-tres villes de l’intérieur, manifestèrent dèsle principe des opinions favorables à larévolution; les campagnes, au contraire,livrées aux croyances héréditaires, restè-rent, à toutes les époques, dévouées auxidées monarchiques. Un rapport du dé-puté Gallois à la Convention, relatif à despièces enlevées par la garde nationale deCholet, démontre à l’évidence que l’es-prit des paysans vendéens avait été de lon-gue main disposé à l’insurrection ; qu’ilexistait une scission complète entre les
campagnes et les villes, et que dans celles-ci même la scission était manifeste entreles propriétaires de biens-fonds, les mar-chands et les ouvriers.
Cet état de choses changea, mais insen-siblement et par le seul effet du contact deces masses ignorantes avec la civilisationnouvelle. Le consulat pacifia la Vendée,parce qu’il était un premier pas vers uneréorganisation monarchique, et que le pre-mier consul, protecteur des prêtres ré-fractaires lorsqu’il n’était encore que levainqueur d’Italie, donnait à cette popu-lation fanatique l'espérance de lui devoirle rétablissement du culte. Le concordatréalisa cet espoir. L’Empire éteignit lesderniers restes de la Vendée ; et l’on viten 1814 six mille paysans de ces con-trées, entourés à la Fère-Champenoisepar des forces décuples, se battre en hé-ros pour la cause de Napoléon, et préférerla mort à rendre leurs armes aux alliésde ces mêmes princes pour lesquels ilsavaient pendant six ans résisté à tous lesefforts de la république. L’héroïsme deces braves prouve que la grande réconci-liation des Français avait été opérée parNapoléon, et que la France de 1814n’é-tait plus la France de 1793.
Si l’ouverture des routes dans les cam-pagnes est un grand bienfait de toute admi-nistration , indispensable au développe-ment de l’agriculture et du commerce, ellen’est pas d’une moindre importance pourles progrès de la civilisation, de ces con-naissances salutaires, de cette commu-nauté d’intérêts qui donnent à une nationl’aspect et l’esprit de famille. Elle est éga-lement nécessaire à l’ordre et à la sûretépu-blics. Aucune révolte, quelles qu’en soientla cause ou les ramifications, ne peut ré-sister à la répression du gouvernement,quand les communications sontfaciles avecet entre les points de l’insurrection. Laguerre de la Vendée, celle de la chouan-nerie, n’auraient jamais été sérieuses, siles départements de l'Ouest avaient étépercés de routes, comme le sont les pro-