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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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prononcé avec douleur... Concours defatalités inouïes!... Grouchy!... Ney!...dErlon!... Ny a-t-il eu que du mal-heur?... Ah! pauvre France!.'., » Et ilsest couvert les yeux de la main. « Etpourtant, disait-il, tout ce qui tenait àlhabileté avait été accompli !... Tout namanqué que quand tout avait réussi!... »

Dans un autre moment il disait sur lemême sujet : « Singulière campagne,,dans moins dune semaine, jai vu troisfois séchapper de mes mains le triompheassuré de la France et la fixation de sesdestinées.

» Sans la désertion dun traître, janéan-tissais les ennemis en ouvrant la cam-pagne.

>> Je les écrasais à Ligny, si ma gaucheeût fait son devoir.

«Je les écrasais encore à Waterloo, sima droite ne meût pas manqué.

» Singulière défaite,, malgré la plushorrible catastrophe, la gloire du vaincuna point souffert ni celle du vainqueuraugmenté. La mémoire de lun survivra àsa destruction, la mémoire de lautre sen-sevelira peut-être dans son triomphe!... »

{Mémorial. )

Ce que peut la fatalité quand ellesen mêle ! En trois jours jai vu trois foisle destin de la France, celui du monde,échapper à mes combinaisons.

Dabord, sans la trahison dun général,qui sort de nos rangs et court avertir len-nemi, je dispersais et détruisais toutesces bandes sans quelles eussent pu seréunir en corps darmée.

Puis, sur ma gauche, sans les hésita-tions inaccoutumées de Ney, aux Ouatre-Bras, janéantissais toute larmée anglaise.

Enfin, sur ma droite, les manœuvresinouïes de Grouchy, au lieu de me garan-tir une victoire certaine, ont consomméma perte et précipité la France dans legouffre. (Ibid.)

LEmpereur a dit quà la bataille deWaterloo, sil avait suivi la pensée de

tourner la droite ennemie, il y eût réussifacilement; il avait préféré de percer lecentre et séparer les deux armées. Maistout a été fatal dans cette affaire, quil ditavoir pris la teinte dune absurdité ; etpourtant il devait obtenir la victoire. Ja-mais aucune de ses batailles navait pré-senté moins de doute à ses yeux; il estencore à concevoir ce qui est arrivé.

« Grouchy sest égaré, a-t-il dit.

» Ney était tout hors de lui.

« DErlon sest rendu inutile.

» Personne na été soi-même, etc.

« Et puis il nétait pas facile de se gou-verner au milieu des débris de cette ar-mée. On se la peindrait difficilement danscette nuit de douleur, disait-il ; cétait untorrent hors de son lit, elle entraînaittout. » (Mémorial.)

De larmée française à Waterloo.

Jamais larmée française ne sest mieuxbattue que dans cette journée : elle a faitdes prodiges de valeur; et la supérioritédes troupes françaises, infanterie, cava-lerie, artillerie, était telle sur lennemi,que, sans larrivée des 1 er et 2 e corpsprussiens, la victoire avait été remportéeet eût été complète contre larmée anglo-hollandaise et le corps du général Bulou,cest-à-dire un contre deux (soixante-neufmille hommes contre cent vingt mille).

(Mémoires de Napoléon.)

Sur la campagne de Waterloo.

PREMIÈRE OBSERVATION.

On a reproché à lEmpereur 1° de sétredémis de la dictature au moment laFrance avait le plus grand besoin dundictateur; 2° davoir changé les constitu-tions de lEmpire dans un moment ilne fallait songer quà le préserver de lin-vasion; 3° davoir souffert que lon alar-mât les Vendéens, qui dabord avaient re-fusé de prendre les armes contre le régimeimpérial ; 4° davoir réuni les chambreslorsquil suffisait de réunir les armées ;5° davoir abdiqué et laissé la France à la