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Dictionnaire -Napoléon ou recueil alphabétique des opinions et jugements de l'Empereur Napoléon Ier avec une introduction et des notes / par M. Damas Hinard
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contre des première et troisième divisionsanglaises, qui arrivaient par la chausséede Nivelles, lune et lautre sans cavalerieni artillerie, et harassées de fatigue. Tou-jours le premier dans le feu, Ney oubliaitles troupes qui nétaient pas sous ses yeux.La bravoure que doit montrer un généralen chef est différente de celle que doitavoir un général de division, comme celle-ci ne doit pas être celle dun capitaine degrenadiers.

4° Lavant-garde de larmée françaisenarriva le 17 de Waterloo quà six heuresdu soir : sans de fâcheuses hésitations,elle y fût arrivée à trois heures. LEmpe-reur en parut fort contrarié ; il dit en mon-trant le soleil : « Que ne donnerais-je paspour avoir aujourdhui le pouvoir de Josuéet retarder sa marche de deux heures ! >>

quatrième observation.

Jamais le soldat français na montréplus de courage, de bonne volonté et den-thousiasme ; il était plein du sentimentde sa supériorité sur tous les soldats delEurope. Sa confiance dans lEmpereurétait tout entière, et peut-être encore ac-crue ; mais il était ombrageux et méfiantenvers ses autres chefs. Les trahisons de1814 étaient toujours présentes à son es-prit ; tout mouvement quil ne comprenaitpas linquiétait ; il se croyait trahi. Au mo-ment les premiers coups de canon setiraient près de Saint-Amand, un vieuxcaporal sapprocha de lEmpereur, et luidit : « Sire, méfiez-vous du maréchalSoult; soyez certain quil nous trahit.Sois tranquille, lui répondit ce prince,jen réponds comme de moi. » Au mi-lieu de la bataille, un officier fit le rap-port au maréchal Soult que le généralVandamme était passé à lennemi; queses soldats demandaient à grands crisquon en instruisît lEmpereur. Sur la finde la bataille, un dragon, le sabre toutdégouttant de sang, accourut criant :« Sire, venez vite à la division : le géné-ral Dhénin harangue les dragons pour

passer à lennemi. Las-tu entendu ? Non, sire; mais un officier qui vouscherche la vu et ma chargé de vous ledire. » Pendant ce temps, le brave géné-ral Dhénin recevait un boulet de canonqui lui emportait une cuisse, après avoirrepoussé une charge ennemie.

Le 14 au soir, le lieutenant général

Bourmont, le colonel C. et lofficier

de létat major V. avaient déserté du

quatrième et passé à lennemi. Leurs nomsseront en exécration tant que le peuplefrançais formera une nation. Cette déser-tion avait fort augmenté linquiétude dusoldat. Il paraît à peu près constant quona crié sauve qui peut ! à la quatrièmedivision du premier corps, le soir de labataille de Waterloo, à lattaque du villagede la Haye par le maréchal Blücher. Cevillage na pas été défendu comme il de-vait lêtre. Il est également probable queplusieurs officiers porteurs dordres ontdisparu. Mais si quelques officiers ontdéserté, pas un seul soldat ne sest renducoupable de ce crime. Plusieurs se tuèrentsur le champ de bataille, ils étaientrestés blessés, lorsquils apprirent la dé-route de larmée.

CINQUIÈME OBSERVATION.

Dans la journée du 17, l'armée fran-çaise se trouva partagée en trois parties :soixante-neuf mille hommes sous les or-dres de lEmpereur marchèrent sur Bruxel-les par la chaussée de Charleroi ; trente-quatre mille hommes sous les ordres dumaréchal Grouchy se dirigèrent sur cettecapitale par la chaussée de Wavres, à lasuite des Prussiens ; sept à huit millehommes restèrent sur le champ de bataillede Ligny, savoir : trois mille hommes dela division Girard, pour porter secoursaux blessés, et former, dans tous les casimprévus, une réserve aux Quatre-Bras;quatre à cinq mille hommes, formant lesparcs de réserve, restèrent à Fleurus età Charleroi. Les trente-quatre mille hom-mes du maréchal Grouchy, ayant cent huit

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