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hommes et en position? C’était certaine-ment tout ce qui pouvait arriver de plusavantageux aux alliés. Se serait-il con-tenté de prendre lui-même position? Soninaction ne pouvait pas être longue, puis-que trois cent mille Russes, Autrichiens,Bavarois, etc., étaient arrivés sur le Rhin :ils seraient dans peu de semaines sur laMarne, ce qui l’obligerait à accourir ausecours de la capitale. C’est alors quel’armée anglo-prussienne devait marcheret se joindre aux alliés sous Paris. Ellen’aurait couru aucune chance, n’auraitéprouvé aucune perte ; aurait agi confor-mément aux intérêts de la nation anglaise,au plan général de guerre adopté par lesalliés et aux règles de l’art de la guerre.Du 15 au 18 le duc de Wellington a con-stamment manœuvré comme l’a désiré sonennemi; il n’a rien fait de ce que celui-cicraignait qu’il fit. L’infanterie anglaise aété ferme et solide, la cavalerie pouvaitmieux faire; l’armée anglo-hollandaise aété deux fois sauvée dans la journée parles Prussiens, la première fois avant troisheures, par l’arrivée du général Bulowavec trente mille hommes, et la deuxièmefois par l’arrivée du maréchal Blüchcravec trente et un mille hommes. Dans cettejournée, soixante-neuf mille Français ontbattu cent vingt mille hommes ; la victoireleur a été arrachée entre huit et neufheures, mais par cent cinquante millehommes.
Qu’on se figure la contenance du peuplede Londres au moment où il aurait apprisla catastrophe de son armée, et que l’onavait prodigué le plus pur de son sangpour soutenir la cause des rois contrecelle des peuples, des privilèges contrelégalité, des oligarques contre les libé-raux , des principes de la sainte-alliancecontre ceux de la souveraineté du peuple !
(Mémoires de Napoléon.)
Ces Observations sur la campagne de Wa-terloo ont été publiées pour la première foisvers l'année 1817 dans l’ouvrage intituléMémoires pour servir à l’histoire de France
en 1815, dont le manuscrit avait été, à cequ’il paraît, apporté de Sainte-Hélène par ledocteur O’Méara, Cet ouvrage, dès son appa-rition, causa une vive sensation en Europe;mais la manière plus ou moins adroite dontla préface avait été rédigée par l’éditeur fitpartout naître des doutes sur le véritable au-teur des Observations. Wellington seul, à ceque l’on rapporte, n’eut aucune incertitudeà cet égard, et dès qu’il eut lu ces pages :« Il n’y a qu’un homme, dit-il, qui ait puécrire cela; c’est Napoléon! » Ces parolessont bien flatteuses pour Napoléon sansdoute ; mais ne font-elles pas honneur àWellington lui-même? N’y avait-il pas à luiquelque mérite à deviner et à proclamerl’homme qui attaquait avec tant d’autoritéses talents militaires, et qui le troublait sicruellement dans les joies du triomphe, —surtout quand cet homme c’était Napoléon?
WEISSENFELS,
Combatlivré le 29 avril 1813.
Ce combat de Weissenfels est remar-quable parce que c’est une lutte d’infan-terie et de cavalerie en égal nombre et enrase plaine, et que l’avantage y est restéà notre infanterie. On a vu de jeunes ba-taillons se comporter avec autant de sang-froid et d’impétuosité que les vieillestroupes.
(OEuvres de Napoléon. Lettre à tImpératrice ,du 30 avril 1813.)
WELLINGTON
(Arthur Wellesley, duc de).
Sur les dispositions que Wellington a faites àWaterloo.
Ah ! que Wellington doit un beau ciergeau vieux Blücher ! Sans celui-là, je nesais pas où serait Sa Grâce , ainsi qu’ilsl’appellent; mais moi, bien sûrement, jene serais pas ici. Ses troupes ont été ad-mirables, ses dispositions, à lui, pitoya-bles, ou, pour mieux dire, il n’en a faitaucune. Il s’était mis dans l’impossibilitéd’en faire ; et, chose bizarre, c’est ce quia fini par le sauver. S'il eût pu commencersa retraite, il était perdu. Il est demeurémaître du champ de bataille, c’est cer-tain ; mais l’a-t-il dû à ses combinaisons?