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Notices sur l'intérieur de la France, écrites en 1806 / par M. Faber
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doivent encore faire linstallation -et recevoir le serment desmilitaires et autres personnes, qui dans leur ressort viennentdêtre nommées membres de la légion dhonneur. Le présidentprononce ehaque fois un discours que les vive VEmpereur"terminent,et les timbales et trompettes accompagnent.

A cette attribution de pure représentation, il sen jointune autre de pure formalité, celle démettre des adresses,relatives au gouvernement. On les lit dans le Moniteur ; elles ,sont prescrites par le Ministre-Grand-juge. Mais il y a une jimmense ditlérence entre ces adresses et celles des autorités jadministratives. Tandis que ces dernieres compositions par- 'lent au nom du peuple et doivent passer pour lexpression de *ses sentimens, les pièces qui émanent des tribunaux, ne par-lent quau nom des juges et ne doivent exprimer que les pen-sées du corps quils composent. Si les juges y disent ce quilsne pensent pas, ils sont à couvert par lordre de remplir laformalité. Leur voix ne prétend pas ctre celle de lopinionpublique, et ils ne simmiscent pas de linfluencer, ou de ladiriger.

En un mot, la justice est un des beaux côtés de la Franceactuelle ; elle est coûteuse, mais on ne peut pas lappelervénale. Si avec la cessation des énormes besoins de finances,la justice cessait un jour dêtre une source financière pourlétat; si le gouvernement pouvait nétendre pas les infrac-tions quil a faites aux principes de lindépendance de lordrejudiciaire, et quil continuât de laisser intacte celle des indi-vidus qui le composent, la justice française serait préférable àcelle de bien des pays. Comme le but de ces notices est decaractériser lesprit et la tendance du gouvernement ou de sonchef, la justice na être envisagée ici quautant quil sensert comme instrument pour atteindre ses fins ; et nous avons |vu comment elle est entre ses mains un moyen de finances, et jun moyen daffermissement et dextension. La discussion des jprincipes juridiques de la législation même nest donc pas jnécessairement du ressort de ces notices, puisquelle ne pour- Jrait ajouter aucun trait à la physionomie de celui qui est àpeindre. Quant à cette législation même, les jurisconsulteséclairés de France ne regardent pas le Code civil pour ce chef-dœuvre, pour lequel il a été proclamé dans les tribunes; il ale mérite de concentrer dans un seul corps douvrage les prin-cipes qui jusque- sétaient trouvés dispersés en mille et milleédits, arrêts et décrets, mais ils reprochent à ses auteursdavoir trop écouté les préventions nationales, et davoir-