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Notices sur l'intérieur de la France, écrites en 1806 / par M. Faber
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Madame Bonaparte ne les dédaigne pas. La bontéparaît faire le trait principal de son caractère, elle en portelexpression sur son visage. Les gazettes prônent les donsqu elle fait i'i des institutions publiques et à des particuliers,niais ce nest pas daprès ces dons quil faut la juger; ils sontmesquins comme les moyens dont elle peut disposer. Ceux-ci le sont au point que pendant que Madame Bonaparteséjournait en 1805 à Strasbourg, on a été obligé de ramasserà.la hâte les derniers restes de fonds qui se trouvaient danslescaiïs s des départemens voisins, pour faire face aux dépen-ses journalières que la sustentation de la cour de MadameBonaparte nécessitait. Madame Bonaparte donnerait bienplus quelle n'est obligée de faire par représentation, si ellepouvait suivre tout le penchant de son cœur et une certainegénérosité qui paraît lui être naturelle. Il est des momens etdes situations, oii elle paraît bien plus estimable que legazetier. la contrôle. Son œil sait découvrir les malheureux :il existe des traits de bienfaisance qui nont été sus que deceux qui en ont connu les objets ; elle paraît encore bienestimable, lorsque, rencontrant dans ses voyages des personnesaimables de son sexe, elle oublie létiquette de la cour, pourles serrer dans ses bras avec intimité, ou pour presser contreson cœur des enfans intéressans quelle aperçoit. Elle paraîtsaisir ces momens avec une avidité qui trompe sa circonspec-tion et ne laisse voir que laimable abandon de son sexe. Cesmomens sont sans doute rares dans la sphere de Saint-Cloud!Madame Bonaparte est intéressante, lorsque dans ses voyagesune belle matinée, une belle soirée déploie un ciel sereinau dessus de sa tête, ou quun beau site se développe devantelle. Elle lest encore, lorsquelle soccupe de ses fleurs et sesplantes, et qui voudrait lui envier les hommages quelles luiotîrent? Un flatteur a nommé, je ne sais quelle plante, daprèsle nom de famille de Madame Bonaparte, la Pageriana, et dansquelques ja rdins publics on a élevé son buste près de celui deLinné. Ces hommages ne sont pas purs, comme ceux desfleurs. Si Madame Bonaparte ne sen est pas sentie flat-tée, elle a voir avec un sentiment pénible que même sesgoûts simples et innocents ne sont pas hors de latteinte deladulation. A lexemple quelle a donné, la botanique estdevenue une mode parmi les belles de France. Il serait àsouhaiter que toutes les modes dans le pays qui en fournit àlunivers, eussent ressemblé à celle-ci. 'lous ces traits n'éton-neraient pas dans dautres femmes, ils sont ordinaires à leursexe, mais il est heureux quune épouse de Bonaparte lespossédé.