8
CAMPAGNES
dénaturant son principe, en confondant à desseintoutes les époques. Si les regrets leur faisaientillusion, on pourrait se borner à prendre en pitiéleur folie ; mais ils ne se trompent pas, ilstrompent, et c’est avec une intention perfidequ’ils sèment ainsi l’erreur ; il faut donc la com-battre.
En effet, si notre prétendue régénération nefut réellement qu’une émeute populaire, la force,employée à propos, pouvait tout comprimer, etquelques régimens , lancés sur les révoltés , au-raient facilement étouffé dans son berceau cequ’ils appellent l’hydre révolutionnaire. Il suitde là qu’il est encore temps de ramener la Franceà l’ancien régime ; elle n’opposera qu’une mollerésistance au bien qu’on veut lui faire. Ceterrain n’est point volcanique, comme l’affirmentles déclamateurs ; la nation s’y trouvait fort àl’aise ; elle y sera de nouveau sur des roses. Et,pour opérer tout ce bien, il ne s’agit que d’êtrefort contre une poignée de factieux, c’est-à-direde supprimer les écrits, de s’entourer de baïon-nettes , et d’avoir des canons toujours braqués.Une révolution n’est rien qu’une révolte : entuant ou désarmant les mutins, on dissipe ledanger; on peut donc tout oser... Digne conclu-