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CAMPAGNES
lui avait abandonné les sciences, l’instruction,l’éloquence, et jusqu’à la gravité des mœurs. Ilpartageait avec les deux premiers ordres lapropriété des grands domaines et même les nomspompeux que l’orgueil y avait attachés, et il pos-sédait seul l’industrie, le commerce, les emploislucratifs, les manufactures, toutes les sourcesde production; tandis qu’une fausse et stériledignité, interdisant aux gentilshommes la fa-culté d’acquérir la fortune par le travail , lescondamnait à toujours consommer sans rien pro-duire.
Une révolution complète était donc achevéedans les mœurs à cette époque; celle des insti-tutions était imminente , et deux causes concou-raient avec une égale puissance à précipiter cettecatastrophe inévitable. Le ressentiment de l’aris-tocratie déchue commençait à éclater contre lepouvoir absolu, de tout temps insupportableà la noblesse française 1 , et, d’un autre côté,
1 Cette haine, native et toute française de la noblessecontre le despotisme se manifesta surtout alors, à l’occasionde l’exil du duc de Choiseul. Tous les hommes distingue'sde cet ordre se firent un point d’honneur d’aller publique-ment à Chanteloup rendre hommage à la victime d’un pou-voir avili et que la molesse du monarque avait laisse' tom-